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  • GIFF 2019 – Hafsia Herzi : «La polémique autour de Kechiche, c’est n’importe quoi»

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    herzi.jpgElle aussi faisait partie du jury des longs-métrages au GIFF. Actrice et à présent réalisatrice, Hafsia Herzi, révélée par La Graine et le mulet de Kechiche en 2007, est une artiste complète. Et une jeune femme très accessible et souriante qui a immédiatement accepté le principe de mes interviews cash.

    Récemment à Cannes, à la «Semaine de la critique», tu as montré ta première réalisation, Tu mérites un amour, malheureusement pas achetée en Suisse. Pourquoi cette envie de passer derrière la caméra ?

    Parce que j’avais envie d’une évolution artistique. Cela me démange depuis mes débuts, depuis La Graine et le mulet. Ne plus dépendre uniquement du désir des autres, se battre pour son propre projet, c’est très différent. Réaliser, ça rend fort. Il faut avoir de l’organisation, y croire et être passionnée. Le bon retour critique que j’ai eu à Cannes me donne envie de continuer. L’expérience a été super à tous points de vue.

    A tes débuts, tu disais que tu n’avais jamais suivi de cours de comédie. J’imagine que c’était pareil pour la technique sur ton film.

    Oui, je l’ai un peu apprise sur le tas. Sinon, pas d’école de cinéma, rien. Je ne savais même pas avant ce qu’était un objectif. La curiosité m’a guidée. J’ai aussi beaucoup appris en tournant sur les films des autres, par exemple Kechiche.

    Tu es une battante ?

    Non. Je suis passionnée, déterminée, mais pas battante. A Cannes, j’ai proposé le film à toutes les sections. Je pense que la «Semaine de la critique», qui l’a accepté, porte chance.

    Quels sont tes critères d’acceptation et de refus pour les rôles que tu joues ?

    Je refuse les clichés. Pour le reste, je fonctionne aux coups de cœur. Evidemment, cela dépend aussi des réalisateurs. Pour les premiers films, je raisonne au feeling.

    A tes débuts, tu avais essayé de participer à Plus belle la vie ?

    Oui, car je suis de Marseille, là où se tourne la série. Je l’aime bien, il y a de bons acteurs dedans. Et puis, sa popularité signifie quelque chose. Elle vient d’ailleurs de fêter ses quinze ans.

    Durant le dernier Festival de Cannes, j’ai écrit un tweet très positif sur Mektoub My love : Intermezzo d’Abdellatif Kechiche, ce qui m’a valu d’être lynché sur les réseaux sociaux. Qu’est-ce que cela t’inspire ?

    Cette polémique, en tout cas, ne m’inspire pas. Elle n’a pas lieu d’être. C’est même n’importe quoi. Il faut entendre les concernés avant de critiquer un film. Aujourd’hui, on juge sans avoir vu. C’est comme ça sur Twitter, c’est comme ça dans la vie.

    Le film va-t-il finalement sortir ?

    Oui, en 2020. Je sais juste que Kechiche était encore en montage récemment.

    Et il y aura un troisième volet ?

    Oui, je confirme.

    Quelle question peut t’énerver ?

    Je n’aime pas quand on me demande si je suis bien intégrée en France. On me l’a souvent posée. Je suis Française, c’est tout. Ou lorsqu’on me demande comment mon entourage perçoit mes choix artistiques. Quel intérêt !

    A présent, une question posée par ma précédente invitée, sans savoir qu’elle s’adresserait à toi. Il s’agit de Clotilde Courau. Sa question : Est-ce que tu te nourris de la littérature dans ton métier ?

    Bien sûr, c’est très important. Et depuis toute petite. Ça me fait même rêver. La poésie, les pièces, les romans, tout. J’adore La Vie de Marianne de Marivaux. Mais aussi Genet, Tchekhov, Balzac, et tant d’autres. J’ai découvert la littérature à l’école. Depuis, je dévore.

    Et quelle question poses-tu à mon prochain invité ?

    Qu’est-ce que tu penses de la polémique autour du voile ?

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  • GIFF 2019 - Clotilde Courau : «Je lance un appel officiel sur ton blog»

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    courau.jpgSa grâce illumine le GIFF et son talent rejaillit sur les films qu’elle tourne. Présidente du jury des longs-métrages au festival, Clotilde Courau, que je n’avais pas recroisée depuis 2016, année où elle était venue défendre Le Ciel attendra à Locarno, m’a une fois encore accordé une longue interview que vous découvrirez bientôt dans la Tribune de Genève. Elle a aussi tout de suite accepté le principe de mes interviews cash. Au point que sa première réponse résonne comme une alerte, un cri.

    Tu as fait tes débuts dans Le Petit Criminel de Jacques Doillon. Aux côtés du jeune Gérald Thomassin, qui depuis a mal tourné. Soupçonné d’homicide sur une postière en 2008, il devait aller, le 29 août dernier, à une confrontation à Lyon. Mais il a disparu et personne ne l’a revu depuis. Récemment, le parquet de Nantes a fini par ouvrir une information judiciaire pour enlèvement et séquestration. Qu’est-ce que cela t’inspire ?

    C’est très cash comme question, en tout cas. Je vais te répondre quelque chose qui regarde toute l’industrie du cinéma français. Quand on a la responsabilité d’un être qui débute, et c’était son cas, quand on lui donne un César de meilleur espoir masculin, alors qu’il n’avait que seize ans, il faut aussi l’entourer et le soutenir. Il fallait faire en sorte qu’il ne soit pas livré à lui-même. C’est un métier très violent, difficile à faire. On ne met pas la lumière sur des êtres fragiles sans s’en occuper ensuite. A l’époque, je l’ai dit et ça m’a été reproché. Je l’ai dit comme une grande sœur, que je jouais dans le film, d'ailleurs. J’ai demandé à ce qu’il soit formé. Gérald, je l’avais revu en 2003 et il n’était déjà pas bien. Il y a d’autres acteurs dans ce cas, c’est évident. Je pense à ce jeune homme qui a reçu lui aussi un César de meilleur espoir masculin cette année pour Shéhérazade (de Jean-Bernard Marlin). Je ne me souviens plus de son nom (il s’appelle Dylan Robert, sa photo est ci-dessous), mais je veux qu’on lui tienne la main, qu’on s’occupe de lui. Si tu pouvais faire passer le message un peu partout, pour qu’on retrouve ce jeune acteur et qu’on lui demande de se former. Qu'on ne le laisse pas tout seul, qu'on le contacte, qu'on le suive. Je le dis solennellement.

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    Que réponds-tu lorsqu’on s’intéresse de trop près à ta vie privée ?

    Ma vie privée n’est pas dans la lumière. Ma vie privée n’a rien à voir avec ma carrière. Je suis claire, je n’ai donc rien à en dire.

    Il t’est arrivé de chanter. Le referas-tu un jour ?

    Sans doute, car j’ai chanté dans Irma la Douce, dans Le Chanteur de Mexico. Je lis des lettres de Piaf sur scène. Et j’ai joué Les Justes de Camus mis en scène par Abd Al Malik. Je suis beaucoup dans la musicalité.

    A présent, une question posée par mon précédent invité, sans savoir qu’il s’adresserait à toi. Il s’agit de Jean Dujardin. Sa question : Est-ce que tu prends du plaisir dans cette interview, là, actuellement ?

    Oui, énorme. J’aime bien te retrouver, et c’est la vérité. Je le disais encore hier, ce métier est un collectif. On parle de cinéma ensemble, la même passion nous habite.

    Et quelle question poses-tu à mon prochain invité ?

    Est-ce que tu te nourris de la littérature dans ton métier ?

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  • GIFF 2019 - Jean Dujardin : «Juste après un tsunami, au milieu de livres qui flottent partout»

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    dujardin.jpgJe ne pensais pas qu’il accepterait. Mais il a lui aussi joué le jeu. Au terme d’une interview classique et sérieuse (à lire dans la TdG du 4 novembre, ainsi que sur le site tdg.ch) à propos de son travail dans le formidable J’accuse de Roman Polanski, qui traite de l’affaire Dreyfus et dans lequel il incarne le rôle de Picquart, l’homme qui a voulu réhabiliter Dreyfus, Jean Dujardin, qui est venu au GIFF le week end dernier, a pris quelques minutes pour répondre à une courte interview cash, tutoiement obligatoire à l’appui. Je l’en remercie.

    Tu n’en as pas marre de ne plus pouvoir faire un mètre dans la rue sans te faire  continuellement harceler ?

    Non, ça ce n’est pas moi, je ne sais pas de qui tu parles. Tout dépend de comment on te voit et de ce que tu prétends être. Si tu exagères ta notoriété, tu le paies direct. Si je me promène en lunettes noires avec trois gardes du corps, je vais me faire immédiatement remarquer. Sinon, je peux aller au Monoprix sans qu’on me reconnaisse. Par exemple à Cannes, si on me voit sortir du Majestic, on va me sauter dessus. Tandis que si on me voit dans un supermarché là-bas, rien ne va se passer. Enfin non, peut-être pas. L’exemple de Cannes est mal choisi. Cela dit, je fais encore confiance à l’humanité pour qu’elle respecte l’autre.

    Quel genre de question te met en colère ?

    C’est simple. Aucune. Peut-être si on touche ma vie très privée, cela peut m’agacer. Ou si on me prend pour un autre, en me faisant passer pour un type qui a la grosse tête. J’avoue que c’est un peu pénible. Juger par clichés, c’est aussi très fatigant. En dehors de tout cela, rien ne m’atteint.

    A présent,une question posée par mon précédent invité, sans savoir qu’il ou elle s’adresserait à toi. Il s’agit de Céline Sciamma. Sa question : Est-ce qu’il y a un lieu dont tu rêves de façon récurrente ?

    Oui, un monde sans haine où les hommes et les femmes vivraient en harmonie. C’est comme l’amour, on en rêve, on en fait des livres, des films. Tiens, à propos de rêve, je fais souvent le même depuis des années. Juste après un tsunami, je me trouve dans une grande ville comme New York et il y a des livres qui flottent un peu partout.

    Et quelle question poses-tu à mon prochain invité ?

    Est-ce que tu prends du plaisir dans cette interview, là, actuellement?

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