26/06/2016

Euro 2016 : Suisse et Croatie quittent l'Euro la tête haute, Pologne et Portugal se qualifient sans mérite

Shaqiri.jpgCeux qui ont vécu (ou vu) le RFA-France du 8 juillet 1982 savent à quel point les tirs au but peuvent être frustrants. Injustes. Arbitraires. Sans atteindre, ne serait-ce qu’à la cheville, la dimension dionysiaque de la rencontre de légende précitée, le Suisse-Pologne s’est lui aussi achevé sur une issue qui ne reflétait pas du tout le visage de la partie. Domination des Suisses sur des Polonais qui ne furent brillants qu’une courte demi-heure, ouverture du score un rien chanceuse, égalisation par Shaqiri en seconde période, avec une réalisation qui est sans doute le plus beau but de cet Euro (photo), puis des prolongations à l’avantage helvète, suivies de l’implacable séance des tirs au but, mauvais remake de ce Suisse-Ukraine du Mondial 2006, à l’avantage des seconds. Tout s’est joué sur pas grand-chose, forcément. Le penalty raté de Xhaka, Sommer incapable d’arrêter un seul tir polonais, et juste avant, dans la deuxième prolongation, une occasion (parmi quelques autres) de Derdiyok qui a bien failli délivrer la Nati. Transparents jusqu’à l’effacement, les Polonais auraient dû logiquement s’incliner. Ces joueurs aux noms imprononçables (je sais, c’est raciste et je m’en contrefous) affronteront le Portugal en quart de finale. Dieu que ce match risque d’être soporifique.

Le deuxième huitième de finale de la journée a vu le Pays de Galle battre logiquement l‘Irlande du Nord 1 à 0. Rien à dire et guère plus à voir, sinon une fin de partie – allez, 8 minutes à tout casser - que les Irlandais, contraints de pousser pour revenir au score, ont en vain tenté d’emballer. Mais le pire, c’était bien sûr le Croatie-Portugal de la soirée. Match le plus ennuyeux de cet Euro, il s’est achevé en prolongations avec l’ouverture du score portugaise sur un contre qui nous a réveillé de notre torpeur, alors qu’on filait droit vers une séance de tirs au but prometteuse d’un semblant de dramaturgie. Victoire clairement imméritée pour un Portugal poussif et organisé comme une équipe de troisième division et dont les «stars» brill(ai)ent surtout par leur absence. Pas de quoi klaxonner, loin de là. Tout cela est fort dommage pour la Croatie, qui reste l’une des équipes les plus séduisantes de cet Euro. Aujourd’hui, les meilleurs ne sont pas passés et les regrets sont quant à eux bien réels.

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22/06/2016

Euro 2016, groupes E et F : les Belges expédient Zlatan à la retraite

belgique.jpgIl en va finalement des matchs comme des films : il faut en voir beaucoup de mauvais avant de tomber sur un bon. Et cela même si la subjectivité est davantage de mise pour le septième art que dans celui du ballon rond. Question de jeu, d’enjeux et de scénario, parfois les trois. Les bons matchs sont peu fréquents, les matchs parfaits très rares. Le RFA-France du 8 juillet 1982 était un match parfait, j’y reviendrai peut-être. Le Hongrie-Portugal du 22 juin 2016 était un très bon match. Et sans doute l’un des meilleurs de cet Euro plutôt pauvre en rencontres captivantes. Score nul 3 à 3, retournements de situation successifs, un doublé de Ronaldo, des actions incessantes et une issue couperet qu’aucune équipe ne désire lors du premier tour. Hongrie et Portugal – et Islande, qui a réalisé une belle performance dans ce premier tour - sont ainsi qualifiés pour le groupe F. Nette préférence aux premiers, moins individualistes et plus séduisants dans leur jeu.

Le Suède-Belgique (photo ci-dessus) qui a suivi deux heures plus tard était un match moyen mais offensif, donc plaisant, remporté 1 à 0 par une Belgique décidément surprenante et pleine de ressources, n’en déplaise aux experts de M6, qui n’ont pas l’air de tolérer les autres équipes francophones du tournoi. Dans ce groupe E, les Belges rejoignent l’Italie et la République d’Irlande. La Suède, de son côté, est éliminée, et on ne reverra donc plus (jamais ?) Zlatan Ibrahimovic, qui a pris sa retraite internationale dès le coup de sifflet final de ce match perdu.

Les huit huitièmes de finale sont désormais connus. Les voici :

Suisse-Pologne (samedi 25 juin, 15 heures)

Pays de Galles-Irlande du Nord (samedi 25 juin, 18 heures)

Croatie-Portugal (samedi 25 juin, 21 heures)

France-Eire (dimanche 26 juin, 15 heures)

Allemagne-Slovaquie (dimanche 26 juin, 18 heures)

Hongrie-Belgique (dimanche 26 juin, 21 heures)

Italie-Espagne (lundi 27 juin, 18 heures)

Angleterre-Islande (lundi 27 juin, 21 heures)

On retient évidemment son souffle pour l’Italie-Espagne de lundi, affiche qui a la gueule d’une finale. Mais avant, on s’intéressera à tous les autres. D’ici là, relâche jusqu’à Suisse-Pologne.

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21/06/2016

Euro 2016, groupes C et D : questions sans réponses (et le maillot de Xhaka)

xhaka.jpgSuis-je le seul à penser que la Croatie, qui se hisse à la première place du groupe D après sa victoire inespérée contre l’Espagne, risque d’aller très loin dans le tournoi ? L’Espagne confirmera-t-elle ses brillants débuts, malgré l’obstacle croate, et sera-t-elle capable d’aller battre l’Italie lundi en huitièmes de finale ? L’Allemagne se réveillera-t-elle et retrouvera-t-elle un niveau que sa terne victoire 1 à 0 contre l’Irlande du Nord (groupe C) ne laisse guère entrevoir ? Que cherchait l’arbitre de la rencontre Croatie-Espagne en accordant un penalty aux seconds (stoppé par le gardien croate) après en avoir refusé un, certes discutable, aux premiers quelques minutes plus tôt ? Sergio Ramos pensait-il déjà à d’éventuels tirs aux buts juste après le penalty raté dont je parlais avant ? Auteur du second but croate, Ivan Perišić perisic.jpg(ci-contre, juste après ce but, qui donne la victoire à son équipe) est-il aussi d’après vous l’homme du match ? Les anti Euro vont-ils continuer à se répandre en posts sur Facebook et nous servir leur morale psycho-rigide de donneurs de leçons ? Que pense Karim Benzema, enferré dans ses comptes Instagram de caillera bling bling, de tout ce qui se passe sur les terrains de son pays ? Le verbe penser est-il d’ailleurs adéquat lorsqu’on mentionne Benzema ? Pourquoi Frédéric Scola, sur la RTS2, est-il aussi sibyllin dans son commentaire lorsqu’il évoque ce qui se passe dans les coulisses de l’équipe croate ? Et pourquoi ne parle-t-on plus du prétendu scandale sexuel impliquant David de Gea et sorti comme par hasard le 10 juin, jour d’ouverture de l’Euro ? Le maillot déchiré de Xhaka pourrait-il cartonner aux enchères sur ebay ? Et pensez-vous aussi, à l’instar de certains aigris, qu’élargir l’Euro à 24 équipes n’a pas de sens ? L’éditorialiste de L’Equipe qui écrit que certains pays n’ont rien à faire dans la compétition pourrait-il aller regarder directement la finale et cesser ses jérémiades ?

Enfin, la Suisse sera-t-elle à la hauteur face à la Pologne samedi en huitièmes de finale à 15 heures ? Allez, pour le coup, c’est la seule question qui m’intéresse. Merci à Bernard Challande d’y avoir répondu ce soir en direct.

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