23/10/2014

Dans "Gone Girl", le romantisme mène en enfer

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Le cinéma donne souvent une idée tronquée du romantisme. Preuve en est, ces dernières années, avec une prolifération de comédies romantiques mainstream et dans leur ensemble rassurantes. Dans Gone Girl, David Fincher en révèle l’exact contrepied et fait voler en éclats les apparences du bonheur conjugal et de ses signes extérieurs. L’harmonie d’un couple modèle se fissure le jour où madame disparaît du domicile. Traces de sang, de lutte et incohérences subtilement disséminées. Très vite, la piste de l’homicide conjugal devient sérieuse. Sauf que…

Située vers le début du film, l’image ci-dessus a le mérite de servir à la fois de pitch au récit – on comprend immédiatement de quoi il s’agit, via le mot Missing (Porté disparu), qui s’étale en lettres grasses sur la gauche - et d’en fournir une analyse succincte. Au centre, Ben Affleck, en mari éploré, la mine grave, tiraillé entre le portrait de son épouse disparue, presque trop souriante pour être vraie, et ses beaux-parents, qui ont l’air de vouloir sortir du cadre et demeurent en retrait, légèrement à l’arrière, sans que leurs regards ne se croisent. Juste au-dessus, un vilain plafond, sombre et peu éclairé, annonciateur des zones d’ombre que le film va petit à petit révéler. Le tout filmé de biais et en légère contre-plongée, comme pour mieux déformer une réalité qui va s’effriter insensiblement. Clivages et séparations, disharmonie et faux-semblants. Certes très fabriqué, le cinéma de Fincher met ainsi à mal les codes usuels du divertissement standard, ce qui tend à faire de lui un cinéaste plus visionnaire que ne le laisse a priori supposer sa filmographie.

Gone Girl est actuellement à l'affiche en salles.

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