25/10/2014

"Mommy", une affaire de cadrage

mommy2.jpgMère et fils dans le même plan. Mais la première masque partiellement le second. Soit une possible métaphore d'un film dans lequel la relation mère-fils transite par différentes phases - et l'étouffement en est une. Les deux personnages - une Anne Dorval radieuse derrière ses lunettes noires et un Antoine-Olivier Pilon visiblement plus neutre, offrant presque l'image d'un enfant sage - regardent un point situé hors-champ et se trouvent ici devant une grille derrière laquelle on découvre un cimetière. L'herbe y est très verte et les tombes se détachent nettement à l'arrière-plan. Comme s'il s'agissait aussi de souligner que les protagonistes de Mommy se trouvent bien dans la vie et, au fond, qu'ils défient la mort. Impression renforcée par la blancheur d'un ciel neutre mais pas écrasant. Du côté des accessoires, le fils paraît chargé avec ses deux sacs qui occupent un bon quart de l'image, alors que la mère, là aussi, voyage léger avec un petit sac blanc savamment placé autour de sa taille. Voilà qui renforce ce constat d'étouffement dont je parlais au début. On sait que dans le dernier Xavier Dolan, les cadrages ont une place très importante, le film changeant même plusieurs fois de format en cours de route. La composition des plans semble elle aussi répondre à une logique identique. L'apparente décontraction de ce plan, d'un naturalisme discret, mais sans doute très composé, l'atteste indéniablement.

Mommy est actuellement à l'affiche en salles.

16:22 Publié dans Cinéma, Festival de Cannes 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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