27/10/2014

Dans "Saint Laurent", un regard vide qui en dit long

stlaurent.jpgLoin des défilés et des ateliers de couture, Yves Saint Laurent a le regard vide. L'air las, entre dandysme et indifférence au monde, le comédien Gaspard Ulliel tient une cigarette dans sa main droite. Celle-ci est presque consumée. Pull à col roulé gris-blanc, veste brune nonchalamment posée par dessus, l'ensemble pourrait jurer. Sur n'importe qui d'autre, cela relèverait de la faute de goût. Pas ici. La barbe naissante, les cheveux longs, coiffés proprement, signalent une négligence savamment entretenue. A l'arrière-plan, un décor nu, presque froid, avec une pile de livres de luxe à droite et des rideaux à gauche. Cette image ne sent pas la reconstitution foisonnante, elle n'a rien de clinquant. Mais l'acteur donne la mesure du film. Imitation, mimétisme, ressemblance? Il y a forcément de ça dans l'interprétation d'Ulliel qui, on ne le répétera jamais assez, est Yves Saint Laurent plus qu'il ne le joue dans le film de Bonello. La tranquillité du plan, qui a presque l'air volé, comme si Ulliel se relaxait entre deux prises, est évidemment trompeuse. Sa composition est même stricte affaire de mise en scène. Mais sa neutralité est remarquable.

Saint Laurent est actuellement à l'affiche en salles

17:06 Publié dans Cinéma, Festival de Cannes 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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