05/12/2014

Dans "Hippocrate", même les internes ont du vague à l'âme

hippocrate.jpgParfois, un vêtement et quelques accessoires suffisent à identifier un lieu. Ici la blouse blanche que porte cet interne, à peine différente de celles que revêtent les infirmier(e)s. Le stéthoscope autour de son cou, fiché dans ses oreilles. Et son badge d'identification, sur lequel on distingue, certes avec peine, les mots "Assistance publique", "Hôpitaux de Paris", et, plus bas, "Hôpital R. Poincaré", du nom de l'établissement où l'action se déroule. Libellé correct qu'un clic sur google confirme:

hopital.jpg

Sur un second badge, on peut lire le nom et la fonction du personnage. "BAROIS Benjamin INTERNE". Autour de lui, le décor est quelconque, impersonnel, presque invisible à force de banalité. Tout cela suffit, disais-je, et pourtant, quelque chose nous frappe. Ce jeune interne, plaçant le stéthoscope sur sa main gauche, paraît s'ausculter lui-même. De plus, il a l'air gauche, maladroit, pas à son affaire, le regard vague, sans doute débutant.

Ce manque de sûreté est l'un des éléments clé d'Hippocrate de Thomas Lilti. Le comédien Vincent Lacoste, qu'on voit ici, héros et fil rouge de cette histoire, doit effectivement camper un nouvel interne pas encore dégrossi ni rompu au quotidien d'un grand hôpital. Ce qui l'amènera à commettre quelques bévues pas forcément réparables. On entend souvent que l'intelligence d'un film commence au casting, c'est-à-dire au choix des comédiens qui vont endosser les différents rôles. Sur ce point, le choix de Lacoste (comme des autres acteurs/actrices du film) est parfait. Révélé par Les Beaux Gosses de Riad Sattouf en 2009, il n'a pas cessé depuis de confirmer son aisance et son sens du jeu. S'éloignant de plus en plus des rôles limite potaches dans lesquels son physique le cantonnait à ses débuts. De plus en plus mur, de plus en plus présent aussi. On devrait le revoir souvent dans les mois à venir. Et même dès le 10 décembre, dans Eden de Mia Hansen-Love.

Hippocrate est actuellement à l'affiche en salles.

22:12 Publié dans Cinéma, Festival de Cannes 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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