12/12/2014

"Comment épouser un millionnaire", trio de stars au sommet

millionaire1.jpgMarilyn Monroe, Betty Grable, Lauren Bacall. La première porte des lunettes, la seconde mange un biscuit et la troisième a les bras fermés. Elles sont joyeuses, apprêtées et maquillées, même si Marilyn sort visiblement de la douche, mais ont malgré tout l'air étrangères les unes envers les autres. Question de personnalités plus que de styles, ai-je envie de dire. Au fond de la pièce, on aperçoit des gratte-ciels dans un cadre, probablement un tableau, juste au-dessus d'une cheminée, pendant que la perspective dévoile une enfilade d'autres pièces dans l'appartement. On baigne dans le luxe, du moins dans ce luxe teinté d'irréalisme caractéristique de toutes les comédies romantiques des années 50, autrement plus digestes que les navets avec Jennifer Aniston qu'on nous inflige aujourd'hui.

How to Marry a Millionaire (Comment épouser un millionnaire) n'est ni pire ni meilleure qu'une autre. Son intérêt vient de la cohabitation de trois stars - dans des rôles dont l'opportunisme sera désamorcé par l'intrigue - qui ont d'ailleurs part égale au générique, même si une dispute de Grable avec les dirigeants de la Fox permettra à Monroe d'être citée en premier dans le trailer américain. Historiquement, il s'agit du premier film tourné avec le procédé CinemaScope, qui consiste à anamorphoser (c'est-à-dire comprimer) des images durant la prise de vue puis à les désanamorphoser à la projection. L'image ci-dessus respecte le format d'origine, contrairement à celle reproduite ci-dessous, pourtant beaucoup plus connue,

Millionaire_02.jpg

qui est en réalité - on l'aura deviné - une photo de plateau sur laquelle les trois actrices, le temps de la pose, semblent avoir délaissé leurs personnages. Le réalisateur du film, Jean Negulesco (1900 - 1993), Roumain de naissance et peintre de formation, avait quitté l'Europe à la fin des années 20 pour exposer ses toiles à New York et Los Angeles. Dans les années 40, la Warner le prend sous contrat, puis il passe à la Fox dès la décennie suivante. Il n'a jamais acquis le statut d'un Hawks ou d'un Ray, et reste considéré comme un faiseur, voire un tâcheron sans véritable vision. Il faudra un jour revoir l'excellent (dans mon souvenir) The Best of Everything (Rien n'est trop beau, 1939), description féroce des rivalités dans le monde du journalisme, pour éventuellement infléchir cette impression.

How to Marry a Millionaire (Comment épouser un millionnaire) passe en ce moment aux Cinémas du Grütli, dans le cadre d'un hommage à Lauren Bacall.

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