13/12/2014

Fausses perspectives et lignes de fuite dans "Refroidis"

kraft.jpgCe pourrait être un regard caméra, mais ce n'en est pas tout à fait un. Le personnage, séparé de l'objectif par une vitre, fixe un trou qui vient de se créer dans celle-ci, trou probablement créé par un projectile de type balle de pistolet. Son regard malintentionné, enragé, combiné à un look d'homme d'affaires arriviste et décontracté, rend le personnage profondément déplaisant. Pas besoin de dialogues ici pour suggérer le taux d'empathie, ou son inverse, qu'il dégage. Et effectivement, il s'agit probablement d'un des personnages (joué par le comédien norvégien Pål Sverre Valheim Hagen) les plus odieux du film. Derrière lui, de grandes vitres débouchant sur l'extérieur suffisent à délimiter exactement l'espace où il se trouve, puisque cloisonné par devant par la vitre qu'il fixe, et qui se trouve paradoxalement hors-champ.

Cette obsession des lignes, du cloisonnement, et donc de la géométrie, est une constante dans Refroidis (Kraftidioten), plaisant polar scandinave et décalé signé Hans Petter Moland. On les retrouve dans pratiquement chaque séquence. Dans ce plan d'intérieur jouant sur les symétries comme sur la profondeur de champ:

kraft2.jpg

Ou dans cette scène d'extérieur qui cherche à brouiller, par la direction des armes pointées, la structure de l'espace neigeux baignant les personnages:

Kraftidioten3.jpg

C'est sans doute ce soin graphique qui rend ce film si séduisant, plus qu'une intrigue en forme de jeu de massacre.

Refroidis (Kraftidioten) est actuellement à l'affiche en salles.

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