17/12/2014

"Coming Home", partition à deux regards

coming-home.jpgCet homme, on le voit à peine. Le visage en partie caché par un objet non identifiable, le crâne recouvert par un bonnet, et les yeux embusqués derrière de grosses lunettes. De la saleté (un maquillage?) macule également ses joues. On a même l'impression qu'il se cache, qu'il cherche à se dérober, qu'il n'a pas envie d'être reconnu. Mais il a aussi l'air d'épier, d'observer à la dérobée, et on peut déceler une pointe d'anxiété dans son regard. Cet homme, c'est le comédien chinois Chen Daoming.

Cette image situe assez bien la problématique posée dans Coming Home, dernier film à ce jour de Zhang Yimou. Prisonnier politique lors de la Révolution culturelle chinoise, cet homme vient d'être libéré. Et compte retrouver son épouse et sa fille. Mais sa femme, devenue amnésique, ne le reconnaît pas. Pour elle, il est un étranger. Presque un intrus. D'où le drame qui va se jouer, à plusieurs niveaux. Dans le rôle de l'épouse, on retrouve Gong Li, l'une des actrices fétiche de Yimou. La voici dans un autre plan du film:

cominghome2.jpg

Coming Home est une partition à deux regards, un drame intimiste dont l'issue incertaine rappelle certains titres majeurs d'Ozu, toutes proportions gardées. C'est également une oeuvre historique au contexte fort bien reconstitué. Depuis 2004 et Le Secret des poignards volants, les derniers films de Yimou n'étaient plus arrivés sur nos écrans.

Coming Home est actuellement à l'affiche en salles.

17:11 Publié dans Cinéma, Festival de Cannes 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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