13/01/2015

"Le Cercle des poètes disparus", ce film qu'on aimait

deadpets.jpgOn aimait ces couleurs, presque irréelles dans leur composition. Ce rouge uniforme, trop pétant pour être vrai. Ce vert plus sombre, au fond, qui est le seul garant que nous sommes à l'extérieur. Ce jaune soleil qui le domine et ressemble à un tournesol géant qui aurait pris possession du ciel.

On aimait cette énergie, ces rires pleins de fraîcheur, cette jeunesse, cette envie de mordre dans la vie et d'apprendre, au risque de se perdre. On aimait ces personnages, tous si attachants dans notre souvenir, pas si lointain. On aimait ces jeunes comédiens qui les incarnaient et dont le nom ne nous disait rien à l'époque.

On aimait Robin Williams aussi, qu'on découvrait si différent d'autres rôles (encore que pas vraiment, mais on ne le saurait que plus tard), adulte égaré dans un monde qui le comprenait. On aimait ce qu'on nous racontait, ce qu'on nous suggérait et ce qu'on nous assénait sans en avoir l'air. On aimait aimer ce film, en parler, le revoir et l'évoquer. On aimait Le Club des poètes disparus.

On aimait nos larmes à la fin du film, l'émotion des autres et la précarité des choses. On aimait ce qu'on ne voulait pas voir et qui pourtant surgissait, telle une évidence. On aimait être triste et se blottir dans cette tristesse. On aimait la vie, un peu moins son absence. On aimait le cinéma, et on l'aime toujours.

Le Club des poètes disparus (Dead Poets Society) de Peter Weir passe en ce moment aux cinémas du Grütli dans le cadre de l'hommage à Robin Williams.

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Commentaires

Oui, beau film et bel hommage, Pascal Gavillet.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 14/01/2015

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