17/01/2015

"Fedora", le chef d'oeuvre méconnu de Wilder

fedora1.jpgVoici deux personnages qui ne se regardent qu'à travers leurs lunettes à verres teintés. La femme abrite son visage sous un chapeau, son cou est ceint d'une longue écharpe et ses mains gantées (de blanc). Elle tient sa main gauche contre elle, comme si elle voulait se protéger. L'homme semble au contraire s'ouvrir, ses mains esquissent un geste peut-être destiné à rassurer la femme. Tout autour d'eux, la pièce est remplie de reproductions d'oeuvres d'art, icônes miniatures ou sculptures. Il règne là une atmosphère de musée. L'espace semble figé, le temps arrêté, le contexte impossible à définir.

Cette image est tirée de Fedora (1978), avant-dernier film de Billy Wilder et oeuvre souvent méconnue, en tout cas nullement considérée à sa juste valeur. Il y est question du mythe de la jeunesse éternelle et du crépuscule d'Hollywood. Deux thèmes évidemment déjà abordés par le même Wilder dans Sunset Boulevard (1950) trois décennies plus tôt. Les deux films riment d'ailleurs curieusement l'un avec l'autre et présentent de nombreux traits communs, ne serait-ce que la présence, dans les deux, du comédien William Holden (sur cette image face à Marthe Keller).

La similitude de leur structure - séquences de funérailles, flash-backs plus ou moins longs, obsessions face à l'image qu'on projette au public, peur de vieillir, bien sûr - est en tout cas extrêmement troublante. A sa sortie, Fedora fut un échec. Lors d'une interview, Marthe Keller m'avait confié ne pas garder un excellent souvenir de son tournage. Et ne pas réaliser tout à fait l'importance du film dans l'oeuvre de Wilder. Elle n'est évidemment pas la seule. Il faudra bien un jour réévaluer Fedora et lui redonner la place qu'il mérite dans le corpus "wilderien".

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Fedora sera projeté le lundi 19 janvier à 20 heures à l'Auditorium Arditi, dans le cadre du cycle "Visions d'Hollywood" du Ciné-club universitaire.

20:23 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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