03/02/2015

"Turist": on vous avait pourtant bien dit d'éviter les sports d'hiver

turist4.jpgL'hiver, les vacanciers sont horribles. Affublés de doudounes aux couleurs criardes et de lunettes ridicules, harnachés comme des esclaves, feignant la joie de vivre, regroupés en troupeaux créant l'illusion d'une cellule familiale, ils n'ont strictement rien pour eux, parents comme enfants. Regardez les sourire bêtement sur cette image, pour bien montrer leur bonheur d'être au ski et de savourer cette montagne qu'ils ne sont même pas fichus de regarder en face.

Tourist1.jpgOu alors si, mais depuis la terrasse d'un restaurant. Terrasse, extérieur, grand air. Là aussi, il y a une certaine idée des sports d'hivers, idée réduite à un cliché, voire à une imitation. Oui, des éboulements de neige surviennent de l'autre côté de leur barrière. Mais eux ne risquent rien. Ils peuvent continuer à contempler le paysage, tranquillement assis devant leurs bières et leur plat du jour, et pour certains à photographier ce que de toute façon ils ne voient pas.

Turist2.jpgMais la nature, comme la montagne, n'aime pas les touristes. Et elle entend bien le leur prouver. L'avalanche surgit et cette fois, les sourires font place à de la peur. Les personnages crient et prennent la fuite pendant que la neige gagne du terrain et risque de les ensevelir à jamais. Tout cela se passe au début de Turist, le film de Ruben Östlund (flanqué d'un titre "français" imbécile, Snow Therapy). Le calme puis la destruction. L'unité familiale puis son explosion. L'amour puis sa négation. Voilà ce que filme ce cinéaste suédois, à l'origine réalisateur de films sur le ski (nul n'est parfait). Intense, déchirant, lucide, un peu méchant (pas assez), parfois drôle mais au final fort réussi.

Turist est actuellement à l'affiche en salles.

21:57 Publié dans Cinéma, Festival de Cannes 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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