11/02/2015

Berlinale 2015, James Dean, le fils German et la fille Gainsbourg

Berlinale 2015 - sixième jour - 10 février

Life, d'Anton Corbijn (Canada/Allemagne/Australie, 2014) - Berlinale spécial, hors-compétition

life.jpgMais qu'est-ce qui relie ces quatre personnages? De gauche à droite, le réalisateur Anton Corbijn, Robert Pattinson, James Dean, et le comédien Dane DeHaan. C'est un film qui les réunit, Life. Biopic sur Dean mis en scène par Corbijn et dans lequel DeHaan endosse le rôle du comédien de légende avec une certaine ressemblance. Et à ses côtés, Pattinson incarnant "son" photographe, Dennis Stock, auteur des clichés les plus célèbres de l'acteur. Sobre et élégant, ce film a l'intelligence de ne privilégier qu'un seul angle de la courte carrière de Dean, soit son amitié avec le photographe Dennis Stock, qui travaillait notamment pour Life. A l'est d'Eden d'Elia Kazan vient de se tourner, Dean n'est pas encore une star, le tournage de La Fureur de vivre de Nicholas Ray n'a pas encore eu lieu (ni celui de Géant), et l'acteur connaît ses premiers démêlés avec le producteur Jack Warner. Le film est juste et Corbijn accumule les petits détails biographiques - la limousine de Raymond Massey précède celle de James Dean lors de la première d'A l'est d'Eden, c'est par la presse que le comédien apprend que sa petite amie, Pier Angeli, s'est fiancée avec le crooner Vic Damone, etc. - sans que le film ploie sous les références. D'une facture classique, nullement tape à l'oeil, Life bénéficie également d'un casting idoine. L'une des bonnes surprises parallèles de la Berlinale 2015.

Pod electricheskimi oblakami, d'Alexey German Jr. (Russie/Ukraine/Pologne, 2015) - Compétition

guerman.jpgUn certain esthétisme affleure dans cette image. Elle fait partie du premier segment d'un film qui en compte sept et dresse l'état des lieux de la société russe d'aujourd'hui. Noir, forcément très noir. Mais aussi abscons. Le symbolisme en plans-séquence façon cinéma de l'est des années 70, le mélange des langues et l'apparition constante de nouveaux personnages plongent le film dans une sorte de constat abstrait et désespéré dont les enjeux finissent par se diluer dans la brume glacée qui surgit de temps à autre. Alexey German Jr. est le fils du grand et regretté Alexey German, décédé en 2013. Oserais-je dire qu'il n'a pas tout à fait le talent de son père?

Every Thing Will Be Fine, de Wim Wenders (Allemagne/Canada/France/Suède/Norvège, 2015) - Hors-compétition

every.jpgCharlotte Gainsbourg fronce les sourcils, James Franco a l'air pensif, et ce plan du dernier Wenders, malgré les apparences, n'a rien de romantique. Tout commence sous la neige, par un accident tragique. Un drame relie Franco et Gainsbourg. Ses conséquences dureront plusieurs années. La rédemption, le pardon et de nombreux non-dits sont au menu d'un film terriblement quelconque et oubliable. Mise en scène réduite à sa plus simple expression, comédiens en attente d'indications de jeux, et d'ores et déjà palme de la 3D la plus inutile de l'année. Dans les années 80, Wenders réalisait L'Etat des choses, Paris, Texas et Les Ailes du désir. C'était il y a bien longtemps.

17:38 Publié dans Cinéma, Festival de Berlin 2015 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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