14/02/2015

Berlinale 2015, des nouvelles d'Asie et un Disney meringué fort indigeste

Berlinale 2015 - neuvième jour - 13 février

Cha và con và, de Phan Dang Di (Vietnam/France/Allemagne/Pays-Bas, 2014) - Compétition

chava.jpgTrois personnages alanguis, le bord du Mekong en guise de quotidien, des corps qui s'attirent, fuient ou se repoussent. Ce film du réalisateur vietnamien Phan Dang Di, qui traite notamment de l'homosexualité et du désir, possède quelques défauts de structure. L'espace dans lequel évoluent ses personnages ne semble obéir à aucune logique alors que le film se veut précisément ancré dans un certain réalisme. Les motivations et enjeux des héros restent souvent obscurs, sans que la dramaturgie ne le résolve. Du coup, c'est une impression d'inachèvement qui domine. L'auteur du film transite par moments vers la poésie. Là aussi, il reste en surface. Un résultat au final peu mémorable.

Cinderella, de Kenneth Branagh (Etats-Unis/Grande-Bretagne, 2014) - Hors compétition

cinderella.jpgAu vu du titre du film, vous devinerez sans peine qui incarnent ces quatre actrices (dont Cate Blanchett à table) sur cette image. Quand Branagh se livre à une relecture d'un des plus célèbres contes de Perrault, la mièvrerie s'invite à la fête. Il n'y a même que cela dans cette pellicule formatée et monolithique. Mièvrerie de personnages et de comédiens au jeu uniforme. Mièvrerie de décors qui semblent calqués sur des kitscheries viennoises comme Sissi impératrice. Mièvrerie d'un scénario qui relève de l'illustration la plus plate, sans aucune once de liberté. Et pire que tout, mièvrerie morale d'un conte dont la méchanceté d'origine se trouve diluée dans une soupe aux bons sentiments qu'on pensait à tort bannie de ce type de productions. Les studios Walt Disney ont produit la chose. Vu le résultat, on ne se demande plus qui a pu la réaliser. Totalement dispensable.

Ten no chasuke, de Sabu (Japon/France, 2015) - Compétition

tennochasuke.jpgVoici un acteur qui grimace. Son rictus déformé pourrait servir de métaphore à ce que nous raconte ici le Japonais Sabu, qui signe des films depuis le milieu des années 90. Soit le retour sur terre d'un scribe chargé de plusieurs destinées humaines et venu des cieux pour modifier le cours de l'une d'entre elles. L'idée est bonne, relativement inédite dans le genre fantastique, et le film débute sur les chapeaux de roue, sur un rythme tapageur et un ton délirant. Mais Sabu ne tient pas ses promesses et s'emmêle très vite les pinceaux. Ten no chasuke ne tarde pas à partir dans tous les sens et à avoir raison de notre patience. Sur le même canevas, il y avait mieux à faire et c'est dommage.

00:28 Publié dans Cinéma, Festival de Berlin 2015 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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