24/02/2015

L'appel du vide, leitmotiv obsédant dans "Frantic"

frantic.jpgEmmanuelle Seigner et Harrison Ford en fâcheuse posture. Sur un toit en pente, à Paris. Elle en veston de cuir noir, lui en costume classique. Elle tente d'agripper un objet, il la retient. L'objet, c'est une Statue de la Liberté en miniature quasiment posée sur la gouttière du toit. La situation a l'air incongrue, presque paradoxale. Elle n'indique pourtant nullement le registre de la comédie, mais bien plutôt celui du cinéma d'action. Le plan est tiré de Frantic, qui reste aujourd'hui l'un des films les plus méconnus de Polanski. Une affaire d'enlèvement durant laquelle un homme d'affaires sera obligé de mener l'enquête seul de son côté, sans l'aide de la police, en l'occurrence française, pour retrouver son épouse disparue. Une enquête pavée de chausse-trappes, un chemin de croix qui le mènera de fausses pistes en rencontres improbables.

L'appel du vide, plus que suggéré sur cette image, sert de leitmotiv à un métrage qui s'interroge, de manière presque abstraite, et cela malgré le caractère concret des situations, sur le sentiment de la perte. Perte des proches, de soi, d'un objet, de ses propres repères, de la mémoire, autant d'occurrences thématiques qui ne cessent de ponctuer une oeuvre du reste jonchée de références diverses. Objectivement, il s'agit aussi de l'un des meilleurs rôles d'Harrison Ford. Sorti en 1988, Frantic ne jouit pas de la même notoriété que d'autres Polanski. Il faudrait réparer cela.

Frantic passe en ce moment aux cinémas du Grütli dans le cadre du cycle Roman Polanski.

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