28/02/2015

Jerry Lewis, un clown à Hollywood

errandboy1a.jpgDémesure et maladresse. Deux composantes symptomatiques de l'humour et de l'univers de Jerry Lewis et qu'on retrouve sur cette image de The Errand Boy, plus connu sous son titre français, Le Zinzin d'Hollywood. Chargé de dizaines de paquets qui lui débordent des bras, le héros se met ici tout seul en fâcheuse posture. D'où la grimace qui traverse son visage, preuve qu'il se trouve dans une situation inextricable. Les mains occupées, il ne peut sans doute ni ouvrir la porte qui se trouve devant lui, ni actionner une sonnette. Derrière lui, son vélo, du moins peut-on le déduire grâce à l'inscription "mail" - courrier - qui se détache sur le cadre du deux roues. L'ombre (artificielle) que projette la bicyclette sur le sol est par ailleurs provoquée par un projecteur à lentille fixé au plafond, signe que le film est tourné en studio, comme la plupart des comédies américaines de l'époque.

The Errand Boy fait partie des films que Jerry Lewis a lui-même réalisé, affirmant son désir de contrôler l'ensemble d'un système dans ses moindres détails. Il y joue un employé de studio hollywoodien - la Paramutual, firme inexistante mais qui fait visiblement allusion à la Paramount -, employé qui se fait passer pour un préposé au courrier et pour un garçon de courses afin d'espionner, pour le compte du studio, des possibles magouilles internes aboutissant à des détournements de fond louches. Tirant profit de la maladresse innée et récurrente de son personnage, l'acteur réalise un film qui est d'abord un véhicule lui permettant d'exploiter sa dynamique comique. Il a parfois tendance à additionner des numéros qui s'enchaînent les uns à la suite des autres pendant que le milieu du cinéma (curieusement froid et détaché) sert uniquement de toile de fond. Jerry Lewis est également le producteur du film.

The Errand Boy (Le Zinzin d'Hollywood) sera projeté le lundi 2 mars à 20 heures à l'auditorium Arditi, dans le cadre du cycle "Visions d'Hollywood" du ciné-club unversitaire.

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27/02/2015

D'étranges lumières captées dans l'espace

pluton.jpgVoilà une semaine décidément riche en intrigantes découvertes spatiales (lire à ce sujet mes billets parus hier et avant-hier). Ce cliché dévoile Cérès, planète naine dont l'orbite se situe entre Mars et Jupiter. La sonde américaine Dawn, lancée en 2007, s'en approche à grande vitesse et transmet régulièrement des photos à la NASA. Dévoilée mercredi, celle-ci montre distinctement le fameux point lumineux de Cérès. Avec une surprise de taille. Un second point lumineux apparaît juste à côté, et il est plus brillant que le premier. Pour l'instant, les astronomes n'ont aucune explication. Tout au plus supposent-ils que ces points pourraient avoir une origine volcanique et être des geysers. Seule certitude, tous deux sont inclus dans le même cratère.

Donc pour en savoir plus, il va falloir se rapprocher. Et c'est ce que fait Dawn, pour l'instant située à environ 46 000 kilomètres de Cérès. Le 6 mars, la sonde se mettra en orbite autour de la planète à 13 500 kilomètres. On devrait alors y voir (façon de parler) un peu plus clair. Fin novembre, elle sera encore plus près, à 375 kilomètres. Les scientifiques de la mission auront alors seize mois pour percer les mystères de Cérès. Rappelons que Cérès est la plus petite planète naine du système solaire et le plus gros astéroïde de la ceinture principale. Découverte en 1801, elle a un diamètre d'environ 950 kilomètres.

A moins que tout cela soit un signe adressé à Leonard Nimoy, alias Mr Spock dans Star Trek, dont on a appris le décès ce jour. RIP.

Spock_hand.jpg

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26/02/2015

Découverte d'un trou noir défiant l'astrophysique

black-hole.jpgA chaque jour sa ou ses découvertes. Mercredi 25 février, des astronomes annonçaient, via la revue britannique Nature, la détection d'un trou noir qualifié de "monstrueux". Pourquoi monstrueux? Parce que sa masse est environ 12 milliards de fois supérieure à celle du soleil. Même si ce chiffre (me) paraît presque trop énorme pour être vrai, il faut bien s'y fier. Et considérer cet objet céleste, qui se trouve au centre d'un quasar, objet très lumineux émettant une énergie colossale, comme le plus massif trou noir détecté à ce jour. Avec une telle masse, cela signifie qu'il doit grandir plus vite que sa galaxie hôte. Or jusqu'à présent, les astrophysiciens pensaient que les trous noirs et les galaxies qui les abritent se développaient conjointement. Voilà qui n'est pas compatible avec les théories.

Autre problème, sa distance. Donc également le temps où il se situe. Si les dépêches recensées hier sont d'un laconisme affolant (attendons les papiers qui ne manqueront pas de paraître sur le sujet dans les revues scientifiques), on y apprend quand même que ce trou noir s'est formé il y a très longtemps, soit 857 millions d'années après le Big Bang, qui s'est lui-même produit il y a 13,7 milliard d'années, âge estimé de l'univers. Le fait que ce trou noir supermassif se soit formé aussi "tôt" après le Big Bang représente donc un autre défi théorique pour les astrophysiciens. Cette découverte n'est en effet pas forcément compatible avec les théories actuelles. Alors oui, les modèles sont faits pour évoluer. La relativité générale d'Einstein, les équations quantiques de Planck, le principe d'incertitude d'Heisenberg, le chat de Schrödinger, les espaces de Minkowski, rien n'est sans doute définitif. A bientôt...

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