01/03/2015

"Charlie's Country", un monde sauvage et serein

charlie_gulpilil.jpgLa vie dans le bush ne ressemble pas forcément à un dépliant touristique. Pourtant, rien de particulièrement frappant dans cette image, sinon qu'elle suggère un certain exotisme avec une sorte d'évidence naturelle et sereine. Au centre de la photo, le comédien David Gulpilil, acteur australien d'origine aborigène connu pour avoir joué dans plusieurs grosses productions, américaines ou autres, comme The Last Wave, L'Etoffe des héros ou Crocodile Dundee. On remarque un lézard, peut-être un varan, accroché à son épaule gauche. Derrière lui, un jeune enfant torse nu qui semble l'imiter, ne serait-ce que parce qu'il tient lui aussi dans ses mains un bâton qui ressemble in fine à une lance. Les herbes de la savane sont hautes, mais pas sauvages, et le ciel est dégagé.

Dans Charlie's Country, Rolf de Heer, cinéaste australien d'origine néerlandaise connu pour plusieurs films remarqués à Cannes, tels La Chambre tranquille ou Dance Me to My Song, oppose deux modes de vie, deux civilisations, deux formes de culture. Il raconte aussi l'histoire d'un homme qui ne trouve pas ses repères dans le monde et finit par retourner dans la nature pour retrouver la liberté. Ce n'est pas la première fois que de Heer travaille avec Gulpilil, qui a coécrit le scénario de ce film. Il l'avait déjà dirigé en 2002 dans l'inédit The Tracker avant de lui confier en 2006 la narration off de Ten Canoes (sorti sous le titre 10 canoës, 150 lances et 3 épouses), oeuvre déroutante qui mêle le conte au reportage. Sous certains aspects, Charlie's Country se rapproche ainsi pour son acteur d'un autoportrait. Un film subtil et discret qui s'abstient de nous faire la leçon.

Charlie's Country passe en ce moment aux cinémas du Grütli dans le cadre du FIFDH.

23:29 Publié dans Cinéma, Festival de Cannes 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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