17/04/2015

Qu'est devenu le jeune comédien de "Hope and Glory" en 1987 ?

hope-and-glory_02.jpgEn attendant de le savoir, attardons-nous un instant sur un plan pris au hasard de ce film réalisé par John Boorman en 1987. Cette composition a priori banale est en effet plus complexe qu'elle n'en a l'air. Le point semble fait sur l'enfant au premier plan, et pourtant, les adultes - une femme, un homme, une petite fille - juste derrière lui se détachent de l'image avec une certaine netteté. Ils se succèdent même dans la profondeur de champ, comme s'ils se suivaient pour une procession, ou pour un départ, comme pourrait en attester la valise que tient l'homme et son manteau impeccablement fermé. De l'autre côté, à gauche de l'enfant, donc à droite pour nous, une autre profondeur de champ apparaît, soulignée par la profondeur de la rue elle-même. Un enfant y chemine sur le trottoir, à mi-distance de l'horizon et du personnage principal qui nous fait face, lequel s'obstine à fixer quelque chose hors-champ qui semble le toucher. Il y a dès lors deux, voire trois images en une, qui devraient bientôt n'en faire plus qu'une au coeur de la scène en train de se jouer, du moins si on se fie aux mouvements des personnages, qui, vu leur convergence, devraient ainsi tous finir par se rejoindre spatialement et géographiquement. Teintes et couleurs sont uniformes. Ocre, vert et rouge brique dominent, mais la reconstitution n'est pas tape-à-l'oeil. Nous sommes ici au début de la Seconde Guerre mondiale, mais qu'est-ce qui l'indique avec précision? Des détails vestimentaires, et c'est à peu près tout.

L'enfant qui nous fixe au centre de ce plan est le jeune héros de Hope and Glory (parfois exploité sous le titre français secondaire et peu sexy de La Guerre à sept ans) et le jeune comédien qui l'incarne s'appelle Sebastian Rice Edwards. C'est l'unique film dans lequel il apparut de toute sa carrière. Une fois adulte, il s'est reconverti dans la réalisation publicitaire (voici d'ailleurs un lien vers son site). Il a aujourd'hui 38 ans. Dans Hope and Glory, son personnage s'appelait Bill Rowan. C'est ce même héros qu'on peut retrouver aujourd'hui dans Queen and Country, sa suite indirecte, toujours réalisée (en 2014) par John Boorman. Il est fortement conseillé de revoir ou découvrir Hope and Glory avant de voir et découvrir Queen and Country, mais en même temps, chacun fera ce qu'il voudra. Boorman y mélange souvenirs d'enfance et réflexions sur les bouleversements sociaux. Ce sont parmi les rares incursions purement historiques du réalisateur britannique et dans les deux cas, l'amertume s'y teinte d'allégresse avec une modestie que certains ont qualifié d'old school - et je me demande en quoi ce serait un défaut. Dans l'un et l'autre, Boorman y embrasse plusieurs générations, même si le point de vue suggéré ne transite que par un seul regard, celui d'un enfant de sept ans dans le premier, celui d'un soldat adulte dans le second.

Hope and Glory passe en ce moment aux Cinémas du Grütli dans le cadre du cycle John Boorman.

23:49 Publié dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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