24/04/2015

"Vivre sa vie", l'un des cent films du XXe siècle

vivrevie.jpgUne citation de Montaigne sur le profil d'Anna Karina. Le culte des oppositions pour des mots qui font sens par rapport à ce que donne à voir le film. Vivre sa vie, film en douze tableaux, comme il est dit en générique, photogramme visible à la fin de ce billet. Mais surtout ode à une actrice dans ce qui reste possiblement l'un de ses meilleurs rôles. Anna Karina, sublime du premier au dernier plan, de face comme de dos, hypostase de la femme, de toutes les femmes dans un opus où Jean-Luc Godard use du cinéma comme d'une pure réalité ontologique. De la concrétude sociale - nous sommes en 1962, Nana (le prénom fait penser à Zola, mais aussi à Renoir lorsqu'il dirigeait Catherine Hessling dans son adaptation de 1926) est une jeune vendeuse, elle n'a pas d'argent, elle rêve de gloire et de cinéma, mais c'est la prostitution qui la guette et finit par l'enfermer - à une manière d'abstraction universelle. L'oeuvre se déploie dans des tonalités cadrées, augurant d'une véritable géométrie de l'écriture: la précision des cadrages, la division en douze actes, ou plutôt tableaux, tout renvoie ici à un découpage de la vie synthétique et formaté auquel le film répond par un pied-de-nez libertaire d'une suprême modernité. L'élégance y est une évidence, et au-delà de la rime (facile) que les deux termes entretiennent, Vivre sa vie est un postulat cinématographique imparable. L'un des cent films du XXe siècle.

Vivre_sa_vie2.jpgVivre sa vie sera projeté dimanche 26 avril à 17 heures 30 aux cinémas du Grütli, dans le cadre du cycle "Guerre des sexes dans le cinéma français". Il sera suivi d'une discussion avec Geneviève Sellier, historienne et enseignante universitaire.

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