19/05/2015

Denis Villeneuve attendu, Valérie Donzelli tendue

sicario2.jpgBenicio Del Toro derrière son viseur. Il tient le rôle d'un énigmatique consultant dans le Sicario de Denis Villeneuve, récit d'une traque à Juarez et à la frontière entre Etats-Unis et Mexique, zone de non-droit où les cartels font la loi. Sujet déjà vu, adoptant ici le point de vue d'une unité d'élite aux trousses de trafiquants. Avec Prisoners (2013), avec Jake Gyllenhaal, membre du Jury (suivez mon regard), le Canadien Denis Villeneuve avait réussi son baptême aux commandes d'une grosse production américaine. Avec Sicario, affirmer qu'il déçoit serait mentir, mais le film est pourtant moins emballant. Non pas pour des questions de style ou de mise en scène - celle-ci est ample et fluide -, mais en raison d'un scénario touffu dans lequel on finit par perdre ses repères. Il ne faut de toute façon jamais rien attendre d'un film ou d'un réalisateur.

marguerite-et-julien.jpgJérémie Ekaïm et Anaïs Demoustier dans Marguerite & Julien. Frère et soeur mais surtout amants dans le film de Valérie Donzelli. Un conte pop et anachronique sur un sujet tabou, un film souvent foutraque dans lequel la cinéaste brise les codes narratifs usuels. La séquence d'arrestation des deux héros est ainsi constituée d'une série de photos. Plans ratés, pas tournés, choix esthétique radical? Qu'importe. L'ensemble révèle en tout cas une audace indéniable, et pour cette raison, contrairement à beaucoup de confrères, je ne clouerai pas le film au pilori. Car il y a bien là une démarche, même si celle-ci est inaboutie. A la conférence de presse du film, Valérie Donzelli avait l'air tendue, presque méprisante. Pas sûr que ce soit la bonne attitude.

Faute de temps pour tout écrire, je reviendrai dans les prochains jours sur plusieurs films découverts dans d'autres sections cannoises.

17:28 Publié dans Cinéma, Festival de Cannes 2015 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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