20/05/2015

Depuis ce matin, on parle de ces deux films pour la Palme d'or. Fantasme ou réalisme?

youth.jpgNos jours sont comptés et rien ne peut freiner l'écoulement du temps, nous rappelle Paolo Sorrentino dans Youth, traité philosophique où quelques envolées lyriques le disputent à de gros clichés. Des beaux moments, oui, comme ce concert de cloches de vaches improvisé par Michael Caine en pleine montagne, mais on sent là-derrière la fabrication, l'intention, voire une sorte de démagogie dans la manière d'attraper le spectateur dans un univers d'auteur à la hauteur de son intellect. On n'apprend rien, on ne découvre rien ici, mais on éprouve quelque plaisir face à des comédiens inattendus chez Sorrentino, tels, en plus de Caine déjà cité, Harvey Keitel et Paul Dano. Depuis ce matin, Cannes s'emballe autour de ce film et le prédit comme Palme. Il est vrai que dans le genre cinéma d'auteur mainstream susceptible de séduire à la fois le jury et bon nombre de journalistes, Youth est parfait. Comme l'était ici-même en 1989 Cinema Paradiso de Giuseppe Tornatore. Il n'avait pas remporté la Palme d'or. Sorrentino étant un grand habitué de la compétition cannoise, il finira bien par l'avoir.

Mountains may depart_0.jpgLe Chinois Jia Zhangke est lui aussi un candidat sérieux à la Palme d'or. Mountains May Depart, sorte de mélo - trois personnages, l'amour, le choix, le destin - structuré en trois parties, chacune démarrant sur et correspondant à une année différente, dont l'une dans le futur, déploie émotion et réflexion sans que l'un en pâtisse au détriment de l'autre. Le film fait bien sûr avant tout le portrait de la Chine sur un quart de siècle, et pourtant, la dimension sociale du métrage reste quelque peu à l'arrière-plan, ce qui a de quoi surprendre chez l'auteur de Touch of Sin, en concours ici-même il y a deux ans. Ce nouveau film conjugue une ampleur dramaturgique d'un classicisme très éprouvé à un minimalisme davantage récurrent dans son cinéma. L'ultime segment est le plus réussi. Zhangke laisse de nombreuses questions en suspens, ne prétend pas résoudre les problèmes soulevés, et parvient en revanche à surprendre pratiquement à chaque séquence. A l'applaudimètre, Mountains May Depart a pour l'instant battu tous les records. Faut-il y voir un signe pour dimanche soir?

17:52 Publié dans Cinéma, Festival de Cannes 2015 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Merci de ce compte-rendu, Pascal Gavillet.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 20/05/2015

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