23/05/2015

Huppert/Depardieu ressuscités, Tim Roth dépaysé, Cotillard/Fassbender mauvais

valley.jpgC'est le retour d'un couple mythique à l'écran et devant la caméra. Isabelle Huppert et Gérard Depardieu. Embarqués dans un périple mystique et quelque peu tiré par les cheveux dans une Vallée de la mort où leur fils décédé est censé revenir à la vie quelques instants, les deux comédiens sont de presque tous les plans de ce Valley of Love signé Guillaume Nicloux, soi-disant retenu en compétition cannoise pour de mauvaises raisons. Le film peut pourtant être vu comme une sorte de documentaire sur les deux acteurs, qui nous font penser constamment au Loulou de Pialat, dans lequel ils formaient couple, ne serait-ce que par la gêne occasionnée par leurs corps (surtout pour Depardieu, dont l'embonpoint devient une composante scénaristique en soi) et par ces mouvements de rejet et de désir par lesquels le récit transite. Le film n'est pas toujours palpitant ni génial, mais il tient la rampe et la direction d'acteurs de Nicloux reste parfaitement canalisée. Pas de quoi mériter l'hostilité dont le film a fait l'objet. Mais à Cannes, on a l'habitude.

chronic.jpgDans Chronic de Michel Franco, Tim Roth (ci-dessus à droite) est un aide-soignant qui s'occupe de personnes en phase terminale. Ce sujet peu engageant est traité sur un mode minimaliste par un cinéaste mexicain qui se frotte pour la première fois à la compétition cannoise. Mais après le choc Después de Lucia (2012), Chronic paraît un peu terne et même trop tranquille pour s'imposer. La rupture narrative ne surgit qu'au dernier plan du film et c'est un peu tard.

macbeth.jpgMême si on pense connaître Macbeth de Shakespeare, on découvre cette nouvelle lecture de la tragédie, signée par l'Australien Justin Kurzel, avec une certaine curiosité. Le lyrisme et une violence relativement graphique s'invitent dans une mise en scène par ailleurs classique et sous influence de plusieurs films de Kurosawa, dont Kagemusha. Les choses se gâtent avec le casting. Marion Cotillard, en Lady Macbeth, est totalement à côté de la plaque. A ses côtés, Michael "je sais tout faire" Fassbender vaut à peine mieux. Leurs rictus et leur aptitude à l'énonciation, peu brechtienne malgré les efforts de Kurzel pour le leur faire comprendre, plombent un film qui ne méritait pas ça. J'ai vu des internautes se perdre en louanges et s'extasier sur ce Macbeth qui clôt le concours cannois 2015. Nous n'avons pas vu le même film, c'est certain.

15:50 Publié dans Cinéma, Festival de Cannes 2015 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Depardieu est attendu pour le rôle du procureur de Yalta dans "Le Grand Blond à Yalta" où son pote Poutine jouera président Poutine. Parce qu'ils le valent bien :-)

Écrit par : vlad | 23/05/2015

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