17/07/2015

"Love & Mercy", les limites de l'imitation

love.jpgbeach2.jpgbeach2.jpgRessemblances, dissemblances, jeu des sept erreurs. D'un côté l'original (2), de l'autre la copie (1). Vraiment? Non, justement. Love & Mercy (de Bill Pohlad) n'est pas un biopic comme les autres. Il procède même de la relecture du mythe. Deux comédiens, John Cusack et Paul Dano, se partagent ainsi le rôle de Brian Wilson. Part solaire, versant plus sombre, mettons. Le montage du film suit le même précepte. Fragmentation puis redistribution. Mais pas réellement de reconstitution, au sens usuel du terme. Pourquoi alors ce cliché reproduisant une pose célèbre des Beach Boys, planche à surf, plage et détente? Vu sa position dans le film - soit au tout début, au coeur d'une sorte de kaléidoscope d'images du groupe en studio, à la télé ou en promo dans lesquelles les acteurs imitent leurs modèles -, sa fonction est purement introductive et peut-être même destinée à induire en erreur à propos du sens à donner au film.

A moins que non, là encore, et que ce montage alterné, quoique haché, serve uniquement de miroir au principe à l'oeuvre dans cette fiction, qui consiste à passer de l'ensemble au détail dans une sorte de mouvement convulsif qui finit par desservir cette pure jouissance narrative qu'on espérait éventuellement y trouver. Et puis, dans ces clichés, l'original comme sa copie, tout n'est qu'une question de mise en scène. Le combo des sixties et ses planches à surf posent le plus souvent en studio, face à une armada de photographes, maquilleuses, accessoiristes et assistants. Au faîte de leur gloire ou de leur génie musical, les Beach Boys baignent en somme déjà dans le cinéma (3). Le rappeler n'est pas forcément inutile.

beach.jpgLove & Mercy est actuellement à l'affiche en salles.

16:48 Publié dans Cinéma, Festival de Berlin 2015 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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