05/08/2015

"Ricki and the Flash": une ouverture réjouissante pour Locarno

ricki.jpgVoilà qui ressemble davantage à une photo de concert qu'à une scène de film. Mais la présence de Meryl Streep, ici aux côtés du chanteur australien Rick Springfield, évoque bien sûr le cinéma. Ricki and the Flash de Jonathan Demme a fait l'ouverture (en première mondiale) du 68e festival de Locarno. Et pour qu'une ouverture soit réussie - équation aisée à résoudre -, il n'y a pas de miracle : il faut juste un bon film. Ce fut le cas. Même si plus proche du pur divertissement que du film d'auteur radical (encore que ces frontières soient sujettes à discussion), Ricki and the Flash marie le drame à la satire autour d'un sujet familial a priori haut en couleurs. Soit l'histoire d'une femme qui a plaqué sa famille, son mari et ses trois enfants, pour devenir une rock star. Et qui, un jour, décide de renouer avec eux. Un retour on s'en doute mal perçu et cause de différents conflits plus ou moins latents, plus ou moins prévisibles, plus ou moins profonds.

Sous le vernis fantaisiste du personnage de Ricki, borderline, folklorique, attachante mais d'une inconscience attendrissante (Streep as usual parfaite), Demme pointe le conservatisme aux limites du ridicule qui sclérose une petite bourgeoisie américaine étriquée dans ses principes et sa morale. Pourtant, Ricki and the Flash est un film heureux et d'un hédonisme qui parvient à surprendre, comme en témoigne une séquence finale de mariage aux réminiscences sirkiennes et à la méchanceté contenue. Sans résoudre aucun conflit, le cinéaste dénoue les tensions avec une aisance que la mise en scène (remarquable gestion des inserts) traduit aussi bien que le choix d'une bande-son (des covers de Springsteen et des Stones) tout à fait idoine. En clair, Locarno démarre de la meilleure manière qui soit.

23:24 Publié dans Cinéma, Festival de Locarno 2015 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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