12/08/2015

Locarno 2015: "Tikkun", l'émergence d'un auteur

tikkun.jpgRigueur du cadrage, géométrie du plan. Incongruité des éléments en présence - un rabbin, un cheval -, dosage des lumières. Séquence nocturne, noir et blanc éclatant, surréalisme de façade, report des ombres et des perspectives. La beauté plastique de Tikkun, de l'Israélien Avishai Sivan, n'est pas la seule de ses qualités. D'un portrait serré d'un jeune intellectuel ultraorthodoxe, le cinéaste tire une méditation sur la foi, la croyance et la mort. L'ascétisme des plans suffit à poser/imposer l'ambiance du film. Le parti-pris, radical dans sa durée - les coupes sont millimétrées à la seconde près -, ne rime jamais avec ennui. Tikkun est l'une des grosses surprises de la compétition locarnaise 2015. Peut-on parler de l'émergence d'un auteur, d'un sens du cinéma qui puise ses racines aussi bien chez Amos Gitaï que chez Samuel Fuller? Je l'ignore, mais j'ose la comparaison. Il y a dans Tikkun une maîtrise formelle qui finit par se traduire en terme d'émotions. Un tracé rectiligne qui tend vers l'épure sans que cette stylisation ne se transforme en aridité. Il serait fort étonnant que le jury ne prime pas un objet aussi hypnotique et fascinant. Mais avec les jurés des festivals, on ne sait jamais.

12:10 Publié dans Cinéma, Festival de Locarno 2015 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

Commentaires

"(...le cinéaste tire une méditation sur la foi, la croyance et la mort."

Il y a trois jours la commentatrice présente écrit à quelqu'un quelque chose apparemment d'inadéquat: "à coco cheval"!
"-un rabbin, un cheval-"

Une jeune femme sort d'une maison, se dirige vers un cheval en lui disant: "Te rends-tu compte de quelque chose de pareil!"
Mouvement de tête de l'animal: "A qui le dis-tu?!"

La jeune femme rentre chez elle.
La rencontre avec le cheval lui redit un poème écrit par un parent: "Au paradis les chevaux de bois mangent de fine avoine
Il y a du pain pour tout le monde et de l'âme pour les animaux."

Comme il s'agissait d'un manège de chevaux de bois à Paris avec des chevaux qui montaient et qui descendaient le poème se terminait par une allusion à la douceur de saint François qui tournait la manivelle.

Le poète, alors extrêmement amoureux d'une musicienne, ignorait qu'il allait rencontrer un organiste qui mettrait ce poème, et d'autres, en musique.

"Méditation sur la foi, la croyance et la mort."
Foi, certitude ultime (Aurobindo)
Mort, un choral (chéri par le poète et la musicienne) de Bach qui appelle la mort "douce mort".

Croyance: "Dieu doit beaucoup à Bach"! (Cioran)

En blogosphère, Pascal Gavillet, se trouvent un auteur de blog dont le nom traduit veut dire OISEAU
Oiseau: un chanteur donc. Un chanteur très connu parent d'un autre auteur de blog dont le prénom était Hughes...

Procédant par associations d'idées en l'occurrence selon Freud. Freud avec un ou plusieurs parents talmudistes et, pour le poète, un aïeul rabbin.

Redépart en votre article: un rabbin, un cheval

"Prouvez-nous ça!"

Facile: le poète était Edmond Kaiser.
Son épouse, Lucienne, chanta avec Hughes Cuénod.

Comme quoi vu les associations d'idées présentées (l'un des piliers de la psychanalyse) il ne faudrait pas sur un blog ou un autre (le vôtre non concerné, Pascal Gavillet) raconter n'importe quoi sur Freud et/ou la psychanalyse.

En reprenant votre article, mon intempestif "à coco cheval!" d'il y a trois jours on constate qu'en fait tout se tient, rien n'est séparé.
Mystérieux, sans doute.

Mais il y a une chose.
L'épouse d'Edmond Kaiser avait promis à la commentatrice présente que morte (qu'elle est) ou vivante elle serait toujours là pour elle quand il faudrait.

Sans s'étendre sur le sujet jours durs pour la commentatrice.
Mais par ce qu'éprouvé en écrivant ces lignes présence de l'épouse d'E.K.
Selon sa promesse.

L'épouse en question tout en pensant par elle-même et sans doute parce que pensant par elle-même était croyante.

Écrit par : Myriam Belakowsky | 13/08/2015

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