14/08/2015

Locarno 2015 : dans "Suite armoricaine", ronde sans fin en pays breton

suite2.jpgSe voir sans se regarder. Hébétude ou indifférence. Deux impressions qui cohabitent lorsqu'on observe cette image de Suite armoricaine de Pascale Breton. Vaste film choral construit autour d'une enseignante d'histoire de l'art, oeuvre polyphonique où les thèmes de l'amour, de la mort, de l'art et du temps circulent et se ramifient selon les points de vue exprimés. Vague épiphanie qui semble obéir à des rituels secrets enfouis dans les mémoires. On pense à Jacques Rivette, un peu à Jean Eustache, de très loin à Robert Bresson. Références inutiles, tant le cinéma de Pascale Breton parvient à s'en passer et à exister indépendamment de toute influence extérieure.

De cette cinéaste rare, on connaissait un autre long-métrage, Illumination, sorti en 2004 dans une discrétion scandaleuse (et évidemment jamais en Suisse), avec notamment le comédien Klet Beyer, qu'on retrouve ici dans un petit rôle. Elle est Bretonne, et Suite armoricaine a été entièrement tourné à Rennes et alentours. Il dure environ 2 heures 30, sans souci des contingences commerciales qu'impose une telle durée dans un pays où triomphent Bienvenue chez les ch'tis et Les Profs 2. On y entre et on ne cherche plus à en sortir. Quelque chose de vrai se niche là dans des artifices, des livres qu'on déménage, des tableaux qu'on analyse. Des paumés s'agglutinent dans une pièce, un jeune homme prénommé Ion erre comme un fantôme dans une université vide et nocturne, sa mère Moon revient d'un passé qui ne lui a pas fait de cadeau, et Françoise, l'enseignante au sourire singulier, semble servir de guide à cette ronde qui ne veut pas prendre fin. Suite armoricaine est en compétition au Festival de Locarno.

00:31 Publié dans Cinéma, Festival de Locarno 2015 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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