20/08/2015

Grâce à "Coup de chaud", la canicule n'est pas tout à fait finie

Coup-de-chaud.jpgIls sont cinq autour d'une table. En fait plus, certains acteurs demeurant ici hors-champ. Les visages serrés, durs, concernés, crispés pour certains. Le cadre rustique, naturaliste par le style, avec ces bouteilles d'eau en plastique, ces crayons disposés dans un verre, ce ventilateur au fond de la pièce, ce bureau en désordre juste à côté, autant d'éléments sans doute pieusement arrangés par l'accessoiriste du film. La réunion de tous ces personnages semble à la fois stricte et informelle. Il s'agit visiblement de statuer sur des problèmes immanents et courants dans un contexte paysan (du moins rural) qu'on devine dans ce plan de Coup de chaud de Raphaël Jacoulot, qui n'a pas été tourné cet été, malgré des apparences qui tendraient à valider cette hypothèse. Nous sommes ici dans un récit policier relativement classique, et dans une tradition du cinéma à la française dans lequel priment les gueules et les seconds rôles (comme chez Duvivier, Decoin, et autres "artisans" cinéastes trop souvent sous-estimés). Un crime a été commis et le film montre bien comment les soupçons se propagent et se réfractent au sein d'une communauté fonctionnant en autarcie et dans une relative autogestion. Cette circulation, alimentée par des compositions tenues et totalement crédibles, est tout à fait passionnante, du moins dans un premier degré de lecture que ce type de cinéma tend fréquemment à oublier. A découvrir.

Coup de chaud est actuellement à l'affiche en salles.

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