03/09/2015

Mostra de Venise 2015: on voyage au Louvre, en Australie, à Boston

francofonia.jpgDes officiers, un musée. Le Louvre sous l'occupation. La rencontre entre deux hommes, Jacques Jaujard, directeur du musée, et Franz von Wolff-Metternich, responsable du Kunstschutz en France, de 1940 à 1942. La cohabitation entre art et pouvoir, surtout, thème central de Francofonia, qu'Aleksander Sokourov a présenté en compétition à la Mostra, quatre ans après y avoir remporté le Lion d'or pour Faust. Leçons d'histoire pour exercice de style. Reconstitution assumant l'esthétique de vieux films extirpés de leur bobine pour un métrage qui débute, une fois n'est pas coutume, par son générique fin. La surprise surgit à chaque plan. Des personnages s'évadent d'un tableau, des images d'archives s'invitent dans la fiction, la partie droite de l'écran reste, quant à elle, les trois quarts du temps dans le noir, comme s'il s'agissait d'absorber des formats de pellicule obsolètes. Sokourov tel qu'en lui-même, plus proche de Chris Marker, celui du Fond de l'air est rouge, que d'un Godard, encore que... C'est magnifique et évident. Du vrai cinéma, en somme.

looking.jpgMoins emballant, Looking for Grace de l'Australienne Sue Brooks a au moins le mérite de se singulariser par une structure narrative dans laquelle les récits s'enchâssent pour se centrer autour des personnages successifs de cette histoire. Une affaire de fugue, le mal-être d'une adolescente de 16 ans (qu'on voit ci-dessus), donnent le ton d'un drame intimiste pétri dans l'Ouest australien, et rappelant vaguement les premiers travaux de la Néo-Zélandaise Jane Campion (on pense à Sweetie, sans véritable raison, en fait). Les cinq précédents films de Sue Brooks ont circulé dans des festivals sans atteindre nos écrans. Le sort de Looking for Grace est suspendu au palmarès vénitien. Mais ses chances sont assez minces et le film risque de s'oublier assez vite.

spotlight.jpgHors-compétition, la "grosse machine" du jour s'appelait Spotlight et est signée par Thomas McCarthy. D'après des faits réels (tendance lourde de la Mostra cette année, dirait-on), le film retrace l'enquête en 2001 d'une équipe de journalistes du Boston Globe sur une affaire d'abus sexuels sur mineurs mettant en cause l'église catholique américaine. Tout cela est net, carré et rondement mené, même si on peut reprocher à McCarthy de signer d'abord un film de scénariste, avec un classicisme à la Lumet qui passe pourtant plutôt bien la rampe. Quelques visages connus y apparaissent, tels Mark Ruffalo, Rachel McAdams, Michael Keaton et Stanley Tucci, qui ne figure pas sur l'image ci-dessus.

22:43 Publié dans Cinéma, Mostra de Venise 2015 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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