07/09/2015

Mostra de Venise 2015: la vérité sur l'assassinat de Yitzhak Rabin

rabin.jpgLe 4 novembre 1995, Yitzhak Rabin, juste après avoir prononcé un discours lors d'une manifestation pour la paix à Tel Aviv, est touché par deux balles tirées à bout portant. Le Premier ministre d'Israël, Nobel de la paix en 1994, n'y survivra pas, et décédera de ses blessures quelques heures plus tard dans un bloc opératoire de l'hôpital Ichilov de Tel Aviv (ci-dessus, le brancard et les hommes qui le conduisent au bloc). Son assassin, Yigal Amir, juif israélien et étudiant en droit, était opposé aux accords d'Oslo qui avaient été signés en 1993. Lors de l'enquête, il motivera son geste en affirmant vouloir poursuivre la lutte entamée selon lui par Baruch Goldstein, médecin sioniste auteur du massacre du Caveau des Patriarches à Hébron en 1994, contre le processus de paix, et cela "au nom de Dieu". Amir a été condamné à la prison à vie. Comme l'indique son titre, Rabin, the Last Day se déroule durant la dernière journée de la vie de l'homme d'état. Mais le film d'Amos Gitai ne s'apparente ni au documentaire ni à de la fiction. Il serait plutôt quelque part entre les deux. Images d'archives, interviews (avec Shimon Peres en guise de préambule au métrage), scènes rejouées par des acteurs, interrogatoires et éléments d'enquête, il s'agit bien de faire jaillir, à travers tout ce matériel, qu'il soit récolté ou remis en scène, une part de vérité, quelque chose de substantiel concernant cet événement historique que le monde n'a pas tout à fait digéré. Le processus est inédit, étourdissant, mais j'ai malgré tout trouvé ce film passablement ennuyeux. Peut-être parce que le travail de Gitai, ici, s'apparente davantage à un essai journalistique qu'à une oeuvre artistique. Dans un registre similaire mais non comparable, L'Homme de fer de Wajda, en 1981, enquête sur les grèves des chantiers navals de Gdansk, m'avait laissé une impression tout à fait semblable. Il avait obtenu la Palme d'or à Cannes cette année-là. Suivez mon regard...

endless-river.jpgPlus anecdotique, The Endless River d'Oliver Hermanus ne mérite assurément pas la volée de sifflets et de huées qu'il a récoltés ici. Le charismatique et doué Nicolas Duvauchelle, qu'on reconnaît ci-dessus, y interprète un jeune fermier d'une petite ville sud-africaine dont la femme et les deux fils seront massacrés durant son absence. Une telle horreur ne se digère pas, et c'est sa rencontre avec une jeune serveuse de la ville qui va modifier sa perception des choses. Extrêmement désincarné, ponctué de non-dits et d'interminables silences, le film se refuse à la psychologie et son auteur semble plus concentré sur ses cadrages que sur leur contenu. D'où un certain vide à l'arrivée, mais aussi le plaisir de découvrir un film à l'ancienne, vaguement structuré comme un western (le générique début en constitue la preuve) et traversé par un mélange de douceur et de violence nullement désagréable.

23:22 Publié dans Cinéma, Mostra de Venise 2015 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Vous le dites vous-même "prix nobel de la paix" !

Après la pagaille semée par Obama dans sa croisade pour la "paix" au Moyen-Orient, on en voit graduellement mais surement les résultats, pas pareil pour Rabin, lui était un vaillant guerrier, seulement avec des anicroches restées engoncées dans les mémoires des combattants, même si Shamir est décédé suite à un Alzheimer, peux en Israël avait vraiment pardonné à Rabin son ordre de faire couler une vedette en mer avec 20 membres du groupe Lehi alors que le prix nobel de la paix, lui, militait pour l'Irgoun.

Écrit par : Corto | 08/09/2015

Bonjour, venez découvrir notre documentaire sur Yitzhak Rabin, le guerrier de la paix, pour les ans de son assassinat.

https://www.facebook.com/Yitzhak-Rabin-Warrior-of-peace-137550176596310/

Écrit par : DUHAMEL | 14/10/2015

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