09/09/2015

Mostra de Venise 2015: il y a des vampires au Lido!

sangue.jpgUne histoire qui se déroule sur plusieurs siècles d'écart. Une femme emmurée vivante pour sorcellerie et un inspecteur qui découvre, bien plus tard, un couvent abandonné habité par un conte qui ne sort jamais. Sang, vampires et immortalité, les ingrédients d'un certain genre fantastique sont là. Sauf que nous sommes chez Marco Bellocchio et donc plutôt dans une relecture des mythes ici convoqués. Plus proche de Il Principe di Homburg (1997), sans doute à cause de sa partie reconstitution, que de Buon giorno, notte (2003), Sangue del mio sangue conserve cette part de mystère irréductible et présente dans tous les films du cinéaste italien. Les lieux acquièrent ici leur existence propre, le film mélange avec panache un certain réalisme à des séquences fantasmées. Il y a là une forme d'envoûtement tout à fait appréciable.

anomalisa2.jpgDavantage atypique, Anomalisa est cosigné par Charlie Kaufman et Duke Johnson. Soit le portrait d'un homme englué dans l'ennui de son existence et qui va rencontrer, lors d'un voyage d'affaires, une certaine Lisa qui deviendra peut-être la femme de sa vie. Jusque là, on a déjà vu ça trois cent fois. Sauf qu'Anomalisa a été réalisé en stop motion, technique d'animation qui va tout à coup donner à ce conte ordinaire une capacité de transcendance inhabituelle. Une séquence de cauchemar domine un ensemble pourtant relativement quelconque dans ce qu'il raconte, même si le film se livre à une analyse plutôt pertinente du mode de fonctionnement de notre société actuelle, écrasée par les technologies isolant les individus les uns des autres. Une jolie surprise et une tentative réussie de sortir des sentiers battus de l'animation telle qu'elle envahit les écrans actuellement.

abluka.jpgProduction turque elle aussi en compétition à la Mostra, Abluka (qui peut se traduire par "folie"), réalisé par Emin Alper, est une sorte de fable sur la paranoïa. Centré sur deux frères en marge d'une société avec laquelle ils ont rompu - l'un d'eux, en liberté conditionnelle, travaille dans une déchetterie et l'autre au sein d'une équipe chargée d'éliminer les chiens errants -, le film cultive un misérabilisme sur lequel viendront pourtant buter des éléments empruntés au surréalisme. Difficile malgré tout de rentrer dans une fiction qui ne fait rien pour qu'on la comprenne, dans tous les sens du terme. Abluka est typiquement un de ces films de festival dont on risque de ne plus entendre parler par la suite.

 

15:28 Publié dans Cinéma, Mostra de Venise 2015 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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