21/10/2015

Dans "Belles familles", Amalric bat la campagne

bellesfamilles.jpgL'absence de trait d'union fait la différence. L'utilisation du pluriel l'accentue. Belles familles. Titre printanier, positif, sans ironie, constitutif d'un premier degré hédoniste auquel tend le film de Jean-Paul Rappeneau. Le trait d'union, c'est Mathieu Amalric. C'est lui qui mène la danse. Il est de tous les plans, ou quasi, comme on peut le voir sur ce choix d'images. Amalric et les autres, mère, frère, belle-soeur, ami d'enfance, petite amie, nouvelle épouse de son père, fille de cette dernière, ex-de sa mère et maire de la commune (Ambray, qui n'existe pas). Une sorte de farandole où tout le monde court et se croise, s'agitant autour du destin de la maison familiale et des imbroglios juridiques qui vont avec, sarabande complexe, noeud gordien source de conflits multiples.

belles2.jpgDans la plupart des plans, et en tout cas dans toutes les images parsemant ce billet, les personnages sont cadrés à mi-hauteur, torse ou visage, parfois gros plan, jamais en pied. Même s'il ne la respecte pas toujours, la valeur indique la proximité que le cinéaste entretient avec ses personnages. Rappeneau n'est pas Renoir. Nulle profondeur de champ comme dans La Règle du jeu ici. Juste une distance "normale", symptomatique d'un cinéma français privilégiant l'art de conter à l'analyse. Il y a de l'insouciance dans son film, même si la gravité s'immisce de temps à autre dans les ramifications d'un récit choral, parfois prévisible mais souvent jouissif, ne serait-ce qu'à cause du casting quatre étoiles que le réalisateur a rassemblé là. Plaisir du jeu, de la direction d'acteurs, et d'un certain classicisme qui effraie trop fréquemment des auteurs coupant les cheveux de leurs personnages en quatre. Un plaisir à ne pas bouder, en somme.

belles3.jpgBelles familles est actuellement à l'affiche en salles. 

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