08/12/2015

Dans "Les Cowboys", obstruction et décadrage

cowboys.jpgUn instant qui chavire, du flou dans la perspective. Cadrage peu usuel, maladresse assumée, esthétique à l’élégance discutable. Ce plan des Cowboys de Thomas Bidegain n’est pas d’une lecture aisée. Sa triple profondeur n’y est pas étrangère. Au centre de l’image, un couple qui danse. Veste en jeans et chapeau, ambiance country. Mais rien de très datable. Quand et où se trouve-t-on ? Le champ des possibles est large, imprécis. Au fond de l’image, l’orchestre joue. Chanteuse, guitariste, ambiance champêtre. Faute d’attention, notre regard s’égare d’un personnage à l’autre. Perception à son tour perturbée par une sorte de structure abstraite qui vient obstruer l’image, comme un cadre dans le cadre. Motif opaque, amorce indistincte pour un point de vue altéré et lointain qui suggère un observateur caché, le fantôme d’une présence qui fait obstacle au réel, même si celui-ci est filtré par le regard de la caméra. Il serait facile de voir dans cet emboîtement suggéré une métaphore de ce que dit le film – remake de La Prisonnière du désert de John Ford, Les Cowboys raconte l’histoire d’un homme recherchant sa fille partie dans un réseau salafiste. Trop facile. Mais l’esthétique ici à l’œuvre ne se prête guère à la relecture ou à l’interprétation. Elle répète juste que l’immanence, au cinéma, n’est au fond qu’affaire de mise en scène.

Les Cowboys est actuellement à l’affiche en salles.

18:43 Publié dans Cinéma, Festival de Cannes 2015 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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