14/01/2016

La famille Harry Potter perd Alan Rickman

rickman.jpgChaque saga a ses méchants. Harry Potter avait Severus Rogue (Severus Snape en anglais), que jouait Alan Rickman dans les films tirés des livres. Enfin, méchant n’est pas forcément le mot, réducteur en l’occurrence. Severus était complexe, ombrageux, ténébreux, malin, malveillant, aigri, sarcastique, liste non exhaustive. Un physique reconnaissable entre tous, une voix unique, en firent un personnage indispensable d’une saga où il était en somme l’anti-Harry Potter, et l’un de ses ennemis. Le voici martyrisant le jeune héros et son pote, Ron Weasley, incarné par le rouquin Rupert Grint. Ils ont l’air de trouver ça drôle, Rickman, quant à lui, prend son affaire très au sérieux.

Son décès ce jour, à l’âge de 69 ans, d’un cancer, a endeuillé la communauté des fans d’Harry Potter. J.K. Rowling, Daniel Radcliffe, Matthew Lewis, et quelques autres, lui ont rendu de vibrants hommages que je vous laisse chercher sur Twitter. Preuve que cette franchise avait aussi engendré sa propre famille, par-delà les contrats de tournage et autres obligations filmiques (promotionnelles, par exemple). Il faut dire aussi qu’ils ont passé plus de dix ans ensemble à tourner les huit longs-métrages de la saga, entre 2001 et 2011. C’est long, cela aide à tisser des liens, à cimenter quelque chose. Enfin pas toujours, mais là oui, visiblement.

Rickman n’avait bien sûr pas fait que ça. Des dizaines de pièces, du théâtre jusqu’à plus soif, et de nombreux autres films. Débuts dans Die Hard en 1988 – grand rôle de méchant -, un BAFTA de meilleur second rôle pour Robin des Bois, prince des voleurs, une incursion mémorable chez Ang Lee, dans Raison et sentiments, une autre chez Neil Jordan, dans le pénible Michael Collins, deux apparitions chez Tim Burton (Sweeney Todd et Alice au pays des merveilles, pas les meilleurs), une composition inattendue en Ronald Reagan dans Le Majordome, et le souvenir récent d’Une promesse de Patrice Leconte. Il avait aussi réalisé deux films : le magnifique L’Invitée de l’hiver, en 1997, avec une Emma Thompson rarement aussi subtile, et Les Jardins du roi, en 2014, dont j’ai peu de souvenirs. RIP.

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Commentaires

La liste des hommages que vous rendez s'allonge, Pascal...

Merci de cette approche où vous relevez les liens tissés entre les membres de cette saga et dont vous précisez que le temps qu'ont duré les tournages n'y obligeait pas forcément...

"Il faut dire aussi qu’ils ont passé plus de dix ans ensemble à tourner les huit longs-métrages de la saga, entre 2001 et 2011. C’est long, cela aide à tisser des liens, à cimenter quelque chose. Enfin pas toujours, mais là oui, visiblement."

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 14/01/2016

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