26/01/2016

Claps de fin pour Robert Darène, Marie Daëms et Ruth Leuwerik

Capture d’écran 2016-01-26 à 21.42.52.pngil y a des noms et des visages qui résonnent moins que d’autres dans les mémoires des cinéphiles. Soit, de gauche à droite et de haut en bas, Robert Darène, Marie Daëms et Ruth Leuwerik. Pour eux aussi, ce mois de janvier fut fatal. Souvenons-nous d’eux une dernière fois.

Robert Darène, ancien élève de Louis Jouvet, après une carrière comme acteur dans quelques films des années 30, – je retiendrai Tout va très bien, madame la marquise de Henry Wulschleger (1936), dont on ne se souvient que de la chanson de Ray Ventura et ses Collégiens, Le Schpountz de Pagnol (1937), et surtout Orage de Marc Allégret (1938) – se décida à passer derrière la caméra. Mais sa filmographie n’est pas très étendue, une petite dizaine de films, dont un succès notable, Les Chiffonniers d’Emmaüs (1955), qui retrace les débuts de la communauté fondée par l’abbé Pierre et qu’on trouve en DVD aux éditions René Château. La Bigorne, caporal de France (1958) a parfois droit à des passages télé, sans doute à cause d’un casting regroupant François Périer, Jean Lefebvre, Jean Carmet et Robert Hirsch. Mais l’affaire n’est pas mémorable. Quant à Houla Houla (1959), véhicule pour Fernand Raynaud, il flirte déjà avec les zones sympathiques du nanar. Robert Darène signe son dernier film (La Cage) en 1962. Il est décédé le 15 janvier à 102 ans.

Marie Daëms fut une vedette très présente sur les écrans français des années 50. Etudes au cours Simon, puis début sur les planches, où elle fait connaissance de François Périer, qu’elle épouse, non sans avoir joué plus de mille fois ce gros succès du boulevard que fut Bobosse en sa compagnie. Le cinéma la courtise rapidement, mais sa filmographie ne comptera aucun véritable grand titre. Faudra-t-il redécouvrir un jour Mon phoque et elles de Pierre Billon (1951), Un trésor de femme de Jean Stelli (1953) ou Le Coin tranquille de Robert Vernay (1957), pour jauger du talent de Marie Daëms ? Je l’espère. Dans sa filmographie, on ne connaît guère, en effet, que L’Air de Paris de Marcel Carné (1954), qui valut à Gabin un prix à Venise cette année-là. Par la suite, Marie Daëms tournera moins, sans pourtant s’arrêter, puisqu’on a pu la revoir chez Gérard Oury, Michel Lang, Nicole Garcia, et même Patrice Chéreau, qui lui confiera un court mais très beau rôle dans le formidable Ceux qui m’aiment prendront le train en 1998. Cette année-là, le film représentait la France à Cannes et j’avais interviewé la comédienne Dominique Blanc. Juste avant l’entretien, une attachée de presse m’avait présenté Marie Daëms qui était en train de se faire maquiller pour la montée des marches. Je me rappelle d’une dame très concentrée, encore alerte, visiblement heureuse de se retrouver sélectionnée sur la Croisette. Ce sera l’une de ses dernières apparitions. Préférant l’anonymat, Marie Daëms était retombée dans l’oubli. Elle nous a quittés le 21 janvier à l’âge de 87 ans.

Ruth Leuwerik reste quant à elle rattachée à son rôle dans Die Trapp-Familie de Wolfgang Liebeneiner (1956), histoire d'une famille de chanteurs qui inspira, dit-on, la comédie musicale The Sound of Music. L’énorme succès du film en Allemagne vaut alors à son actrice une très grande popularité. Un second opus, Die Trapp-Familie in Amerika, sera même mis en boîte deux ans plus tard. Souvent associée au comédien Dieter Borsche, Ruth Leuwerik tournera dans près de quarante films jusqu’en 1977. Elle remportera cinq fois le Prix Bambi, qui récompense les personnalités préférées des lecteurs de Filmrevue. Si le magazine a disparu, le prix existe toujours. En 2010, Ruth Leuwerik inaugure son étoile sur le «Boulevard der Stars» à Berlin, tout près de la Potsdamer Platz. Toujours présente dans les médias allemands, elle était restée une star dans le cœur du public germanophone. Elle est décédée le 12 janvier à l’âge de 91 ans.

22:48 Publié dans Cinéma, Hommages | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Merci de ces hommages, Pascal.

Ils s'ajoutent aux précédents de manière très sensible aussi, autant par l'évocation du parcours de chacune et chacun que par le titre que vous avez retenu pour votre sujet.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 27/01/2016

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