15/02/2016

Berlinale 2016: Téchiné domine la compétition

17ans.jpgDeux adolescents côte à côte, comme étrangers l’un à l’autre malgré leur proximité. Et puis le désir qui naît, s’installe, s’insinue, empruntant des chemins complexes et pentus que rien ne laisse entrevoir. Regards qui s’évitent, paysages de montagne, la neige et les saisons, les vaches et le médecin de campagne (une femme), trois trimestres pour affirmer l’identité d’un (jeune) homme. Côte à côte, Kacey Mottet Klein et Corentin Fila, les deux héros du film, corps sculptés par leur jeunesse, regards penchés et studieux, tranquillité d’une scène paisible dans un film qui ne l’est pas toujours. On se bat, on se cogne et on s’affronte beaucoup dans Quand on a 17 ans de Téchiné. On s’assume, on se heurte, on se frappe, on déchante et on renaît. Le film n’a rien du parcours initiatique traditionnel. Ce sont les événements, les aléas de la vie, de ces existences-là, qui permettent la naissance et la circulation du désir, thème central du métrage. Fluide comme tous les grands Téchiné, prodigieusement joué, Quand on a 17 ans dit les choses sans les démontrer. Sans les justifier à tout prix. C’est incroyablement juste et parfaitement émouvant. Le meilleur film de la compétition berlinoise à ce jour.

cartas.jpgDans Cartas da guerra d’Ivano M. Ferreira (cinéaste portugais), ce soldat envoie des lettres à sa bien-aimée. En off, c’est elle qui les lit, pieusement, religieusement, comme on réciterait un psaume ou une prière. Il n’y a pratiquement rien d’autre dans la bande-son. Juste cette voix monocorde, théâtrale dans le pire sens du terme, d’une tristesse trop composée pour être longtemps supportable. Esthétique noir et blanc, probable influence de Miguel Gomes, beauté d’images surannées, et un ennui tenace que le récit ne fait jamais dérailler. Le film est basé sur un recueil de lettres publié en 2005 et se veut un essai poétique. On attend en vain une missive de rupture. Elle ne survient jamais.

24wochen.jpgL’affiche de 24 Wochen d’Anne Zohra Berrached (réalisatrice allemande née en 1982) montre un foetus. C’est celui d’un bébé atteint, dans le film, de trisomie 21, puis d’une grave malformation détectée après quatre mois de grossesse. C’est ensuite le drame d’une femme et de son époux qui finiront par opter pour l’avortement. C’est un processus mental et physique douloureux dont le point d’orgue sera une longue et éprouvante séquence sur une table d’opération. Le film a ému certains aux larmes et en a choqué d’autres. Côté cinéma, 24 Wochen demeure assez pauvre. En dehors de la force de son sujet, rien de véritablement notable à signaler. Mais le film, précisément à cause de cela, est susceptible de se retrouver au palmarès.

00:10 Publié dans Cinéma, Festival de Berlin 2016 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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