17/02/2016

Berlinale 2016: "Soy Nero" en rythme binaire, "Genius" à la lisière du grotesque

soynero.jpgLa fuite, la route, les barrières. Synthèse de ce que raconte Soy Nero de Rafi Pitts, cinéaste d’origine iranienne. Soit l’histoire d’un jeune Mexicain qui s’aventure aux Etats-Unis en toute illégalité et qui, pour y obtenir la «green card», n’a pas d’autre solution que de s’engager dans l’armée. Plusieurs blocs de séquence obstruent la fiction. Certaines sont réussies, d’autres moins. Parmi les premières, les retrouvailles du héros avec son frère dans une villa de star. Animaux empaillés, démesure et mauvais goût dans une prison dorée aussi oppressante qu’inquiétante. Tout le film n’atteint pas ce niveau-là. Mais l’ultime partie du métrage, montrant le personnage principal devenu soldat et contrôlant la frontière, y parvient heureusement. Imminence du conflit armé, intrusion d’une autre réalité menaçant d’éclater à la face. Tout en évitant le pathos et la dissertation, le film avance sur ce rythme inégal, porté par son jeune acteur et par une mise en scène qui sait travailler la matière et donner corps aux espaces où celui-ci se meut. C’est bien sans être génial. Plus étriqué que le sujet ne le laisse supposer.

genius.jpgOn a beau apprécier Colin Firth et Jude Law, on doit bien admettre que l’un et l’autre en font trop dans Genius de Michael Grandage, même si cette image ne le laisse guère paraître. Firth dans le rôle d’un éditeur célèbre, Maxwell Perkins, Law dans celui de l'écrivain Thomas Wolfe, l’un et l’autre prisonniers d’un personnage. Le premier forcément sérieux, à la limite de l’ombrageux. Le second dans l’exaltation continue, caricature de l’écrivain libéré, forcément et constamment dans l’excès. Genius développe l’idée que le public peut se faire d’un certain milieu, en l’occurrence celui de l’édition new yorkaise des années 20, sans que cette représentation ne s’accorde vraiment avec la vraisemblance souhaitée. Et je ne parle même pas des apparitions de Fitzgerald ou Hemingway, proches du grotesque. Biopic soigné mais ampoulé, confiné à une outrance de galerie. Insuffisant et pas novateur pour un sou.

00:10 Publié dans Cinéma, Festival de Berlin 2016 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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