17/02/2016

Berlinale 2016: un cybervirus, une collectivité et une croisade pour raconter l'état du monde

zero.jpgVoici un virus susceptible de conduire à un désordre mondial sans précédent. Une guerre cybernétique, si vous préférez. Tel est le sujet du documentaire de l’Américain Alex Gibney, Zero Days. Film complexe aux ramifications nombreuses, et partant très difficile à suivre pour qui ne manie pas parfaitement l’anglais – ou l’allemand, lorsqu’on se rabat, par dépit, sur les sous-titres. Le débit de paroles y est torrentueux. La plupart des témoins interrogés – anciens chefs de la CIA, ex-responsables de la sécurité – y déclarent qu’ils ne peuvent rien commenter, qu’ils n’ont rien à dire ou qu’ils ne savent rien. Témoignages classiquement filmés – fond unique, plan fixe – se succèdent en alternance avec des images d’archives et une voix-off qui tente de nous guider dans une mosaïque passionnante qui demeure malheureusement trop souvent hors de portée. Pourtant, le film dure deux heures et on ne voit pas le temps passer. On finit même par croire que Matrix n’était pas une fiction. Moins brillant, essentiellement pour des questions de narration, qu’un Citizenfour (docu sur Edward Snowden sorti l’an passé et primé aux Oscars), et cela malgré un sujet comparable.

kollektivet2.jpgVoici la troupe des acteurs de Kollektivet, nouveau film du Danois Thomas Vinterberg, révélé en 1998 par Festen, auquel ce nouveau film fait furieusement penser. L’affaire révèle les limites des cohabitations collectives très à la mode dans les années 70 (et même un peu avant) et les dérives découlant de ce principe de vie commune. Le style Vinterberg s’accommode d’une direction d’acteurs impeccable, et la dramaturgie du récit, pimentée d’humour, se divise en trois actes restituant pieusement l’évolution / destruction d’un microcosme social d’avance voué à l’échec. A l’applaudimètre, le film ressort vainqueur. On verra ce qu’il en est samedi soir au palmarès. Dans son genre efficace, mais jamais transcendant.

where.jpgEt revoici Michael Moore brandissant le drapeau américain dans sa nouvelle croisade. Dans Where to Invade Next, le cinéaste se balade (et se met en scène) aux quatre coins du monde pour collecter des preuves que la qualité de vie est meilleure sous d’autres cieux. C’est légèrement facile, cela ne repose que sur la personnalité de son auteur, dont la dégaine ne change jamais, mais cela ressemble plus à une forme de stand up qu’à un documentaire de dénonciation, ce que prétend être le film. Tout discutable qu’il soit, cet exercice de manipulation comporte des séquences assez drôles malgré tout. Comme le film a déjà été montré ailleurs, et notamment au Festival de Toronto, il figure hors compétition à la Berlinale.

23:51 Publié dans Cinéma, Festival de Berlin 2016 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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