21/02/2016

Berlinale 2016 : après Venise, Gianfranco Rosi séduit Berlin

rosi.jpgGianfranco Rosi était content. Après son Lion d’or surprise en 2013 pour Sacro GRA, le voici détenteur d’un doublé en raflant l’Ours d’or de la 66e Berlinale pour le très fort Fuocoammare, dont j'ai parlé dans l’un des premiers billets de cette Berlinale. Ne reste plus qu’au cinéaste et documentariste italien à gagner une Palme d’or cannoise pour rentrer dans le club très fermé des réalisateurs ayant remporté les trois grands festivals. Dans l’attente, cet Ours est peu discutable, mais j’ignore encore si le film a été acquis par un distributeur suisse – si l’un d’eux me lit, merci de me laisser un comm.

Meryl Streep était contente, mais sa robe pas terrible. Elle n’a pas eu besoin de recourir à sa double voix de présidente du jury, et les débats ont eu lieu sans palabres.

Hors champ (donc pas sur cette image), Dieter Kosslick, directeur du festival, était content. La Berlinale a affiché complet, engendrant même quelques casse-têtes pour obtenir des tickets à certaines séances. Lav Diaz et son chef d’œuvre autoproclamé de huit heures, A Lullaby to the Sorrowful Mystery, était content et s’est fendu d’un discours plus court que n’importe lequel de ses plans. Contents eux aussi, l’actrice Trine Dyrholm (pour Kollektivet de Thomas Vinterberg) et l’acteur Majd Mastouri (pour Hedi de Mohamed Ben Attia) l’étaient. Les voici auréolés d’un prix d’interprétation, féminine et masculine, pour leurs jolies performances. Etonnant en clone de Xavier Dolan, Tomasz Wasilewski était content pour son Ours d’argent obtenu avec le vilain United States of Love. Moi un peu moins. Et à votre avis, Mia Hansen-Løve, réalisatrice de L’Avenir, Ours d’argent de la meilleure mise en scène, et Danis Tanovic, auteur de Mort à Sarajevo, Ours d’argent et grand prix du Jury, étaient-ils contents ?

Plus de détails et de retours berlinois dans un billet à venir.

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20/02/2016

Berlinale 2016: derniers films du concours, c'est pas la joie!

united-states-of-love-2.jpgQuelques femmes autour d’une table, ambiance sépia, des airs d’avant, mais avant quoi ? Les soubresauts de la vie en Pologne se trouvent au cœur d’un film peu attachant et plutôt agaçant, ces United States of Love signées Tomasz Wasilewski. Des femmes en lutte, les émotions intérieures en opposition avec les modifications d’une société en perte de vitesse et en mal de repères qui forment la texture dramatique d’un récit glaçant de pessimisme et au glamour on ne peut plus illusoire – hormis sur un poster de Whitney Houston placardé dans l’une des chambres. Pour ces ultimes films de la compétition, la Berlinale n’a pas sorti l’artillerie lourde, c’est le moins qu’on puisse dire. Difficile de rester ne serait-ce qu’éveillé face à ce mélange de sordide et de noirceur qu’on aura oublié d’ici trois jours.

dragon.jpgUne remarque qui vaut hélas aussi pour A Dragon Arrives !, nouveau film de l’Iranien Mani Haghighi, qui malgré la bigarrure de son histoire – et l’image ci-dessus en témoigne – et l’originalité de son scénario, qui se déroule sur deux époques distinctes, peine à retenir l’attention. Visuellement, le résultat n’est pas vilain, mais l’organisation du fouillis, ou plutôt du vaste bric à brac tenant lieu de mise en scène à ce film, a très vite fait de nous en distancer. Malgré une radicalité esquissée sous la narration, le caractère alambiqué demeure la principale constante d’un métrage distillant l’ennui avec une componction désespérante.

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18/02/2016

Berlinale 2016: tout se barre en couilles chez Dominik Moll

moll.jpgQuadruple convergence de regards pour une scène trop inquiétante pour être tirée de la vie quotidienne. Vincent Macaigne et une tenue de boucher, un ado hagard tenant une pile d’assiettes, François Damiens, l’oreille blessée (si si, regardez bien) et un chien dans un panier sous son bras, et une jeune femme tenant un sac, sur la défensive ou agressive, c’est selon. Cet intrigant quatuor fait partie du dernier film de Dominik Moll, Des nouvelles de la planète Mars. Récit inclassable, sur un type qui perd peu à peu pied dans une existence où tout se barre en couilles. Plus proche des premiers Moll – Harry, un ami qui vous veut du bien, Lemming – que des plus récents, qui m’avaient quelque peu laissés sur ma faim. Le film aurait pu prétendre à la compétition berlinoise, ce qui n’est pas le cas pour une raison que j’ignore. Il vaut souvent mieux que certaines poses d’auteur saoûlantes à force de conformisme. On le verra bientôt en salles.

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