10/05/2016

Cannes, J - 1: loin de Yalta

cazeneuve.jpgThierry Fremaux, Bernard Cazeneuve, Pierre Lescure. Respectivement directeur artistique du Festival de Cannes, ministre de l’Intérieur et Président du Festival de Cannes. Ils sont encadrés par des responsables de l’armée et de la sécurité, et la scène se joue juste derrière le Palais, du côté de l’entrée des artistes. Goguenards, plutôt décontractés. Pourtant, juste là, ils ne parlent pas de cinéma. C’est du moins ce que je suppose. Pas de cinéma mais de sécurité, de menaces, de risques d’attentats. Ces vilains mots que l’actualité ne cesse de brandir et de rappeler. Face à la menace terroriste, Cannes prend des dispositions. Cazeneuve est venu en parler il y a deux jours et inspecter les troupes. Cannes sera fliqué ou ne sera pas. Encore plus cette année. Les festivaliers seront fouillés ou ne rentreront pas. Les salles seront fléchées ou inaccessibles. On a déjà vécu semblable psychose sous l’ère de la guerre du Golfe, dans les années 90. L’existence même du festival avait été mise en péril. On devine aisément que la question a aussi dû se poser cette année. Annuler Cannes aurait été impensable. Trop d’économie, trop de paillettes, de prestige, de fric et de luxe en jeu. Précisément tout ce qui fait horreur à ceux et celles qui perpètrent les attentats. En parlera-t-on encore demain, lorsque Woody Allen et la délégation de Café Society graviront les marches du palais pour la cérémonie d’ouverture ? Question malheureusement ouverte.

23:20 Publié dans Cinéma, Festival de Cannes 2016 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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