11/05/2016

Cannes, Jour 1: la prévisible petite musique de Woody Allen

cafe-society.jpgQuatorzième sélection cannoise hors compétition. Troisième ouverture officielle. Woody Allen fait partie des meubles. D’un film à l’autre, il ne bronche guère. Café Society, c’est la tranquillité, le classicisme, la nostalgie et cette petite musique, si possible du jazz, que le cinéaste new yorkais injecte invariablement dans chaque métrage. Le voici avec deux de ses comédiens, Jesse Eisenberg et Kristen Stewart. Regards croisés, verres de vin à la main, ambiance printanière. La photo de tournage, sans doute posée, ne raconte pas le film. Soit l’histoire d’un coursier oeuvrant dans cet Hollywood des années 30 correspondant à un certain âge d’or. Ou l’histoire d’un jeune homme rencontrant l’amour. Ou encore l’histoire d’un monde contenant bien d’autres histoires. D’une digression l’autre, Café Society compose, comme son titre l’indique, une microsociété. Le regard est bienveillant, attendri, doux et bon à la fois. On l’aurait préféré corrosif, décapant ou tout simplement plus critique. Mais le film reste paresseux dans ce qu’il démontre. Retranché derrière son impeccable maîtrise formelle et sa propre voix off, Allen délivre sa copie sans prendre aucun risque. Depuis une vingtaine d’années, il fait à près toujours le même film. C’est le principe d’un auteur, me direz-vous. A raison. Sauf que lui en devient trop prévisible. Presque lisse. Conforme et sans mystère. Est-ce cela, vieillir ? Non. C’est même l’inverse. Regardez John Huston ou Manoel de Oliveira, qui ont tourné jusqu’à leur dernier souffle en continuant à surprendre. Woody Allen, lui, se tasse. Même si son prochain film risque une fois de plus de se retrouver à Cannes, hors compétition, en 2017 ou 2018.

Café Society est actuellement à l’affiche en salles.

17:40 Publié dans Cinéma, Festival de Cannes 2016 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

Commentaires

C'est possible. Mais il faut aussi envisager une autre explication. Avec l'âge et l'expérience, qui n'est pas des moindres pour Woody Allen, le regard s'attendrit et le message perd son importance. S'approcher du coeur et relativiser le mental semble une constante dans nos vies d'humains. La véritable sagesse n'est pas connaissance. C'est même l'inverse, reconnaissance de notre ignorance. Je suivrai Woody jusqu'au bout de son chemin comme un jalon, une balise. L'intelligence ne se trouve pas où on le croit et ce qui semble lisse et prévisible cache assurément une sagesse qu'il serait indécent de mettre trop en avant. L'humilité prend le dessus.
Mais bon, je n'ai pas encore vu son dernier film...

Écrit par : Pierre Jenni | 11/05/2016

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