12/05/2016

Cannes, Jour 2: Guiraudie ou le goût de la désobéissance

vertical.jpgQu'est-ce qui relie ces trois personnages de Rester vertical d’Alain Guiraudie, inclassable nouvel opus d’un cinéaste aux marges de la francité usuelle ? Une certaine inertie au monde, des attitudes de rébellion transitant par d’autres chemins que ceux de la psychologie, et une présence qu’aucune altérité ne semble pouvoir mettre à mal. Entre conte et drame social, le film se fraie un chemin dans un no man’s land où l’imaginaire s’invite dans le réalisme. Désarçonnant dans le bon sens du terme, étrange jusque dans ses détails, Rester vertical est un film qui n’aime pas obéir, ni aux régles ni aux réflexes. Tant mieux, c’est ce qu’on cherche à Cannes.

sieranevada.jpgQu’est-ce qui relie ces trois personnages de Sieranevada de Cristi Puiu ? Un repas et des discussions. Sauf qu’on ne mange presque jamais dans ce film de près de trois heures, et qu’on y parle en effet énormément. Plus précisément, on s’engueule, on règle ses comptes et on lave son linge sale en famille, dans un mouvement constant qui définit ce style en plans séquences et cette manière d’embrasser l’espace dont le cinéaste roumain procède. Naturaliste et artificiel à la fois. Une comédie humaine qui a ses limites et qui lorgne du côté de Festen de Vinterberg sans tenter de hiérarchiser une galerie de portraits plus saisissants qu’attendrissants.

money.jpgQu’est-ce qui relie Julia Roberts aux deux techniciens qui officient à ses côtés en cabine dans Money Monster de Jodie Foster, le seul des trois films de ce billet à figurer hors compétition ? Un contexte analogue, celui des coulisses d’une émission de télévision, et un sentiment d’inquiétude réelle lorsqu’ils assistent à la prise d’otage en direct de l’animateur vedette du show. Moins efficace que la série 24 heures chrono, plus moralisateur que Network de Sidney Lumet, ce thriller manque d’âme et d’assurance. Et George Clooney, dans le rôle de l’animateur pris en otage, est au service minimum. Le film permettait une belle montée des marches – Foster, Roberts, Clooney -, et c’est la seule raison valable expliquant sa sélection cannoise.

23:59 Publié dans Cinéma, Festival de Cannes 2016 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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