15/05/2016

Cannes, Jour 5: une odyssée américaine signée Andrea Arnold

american2.jpegIls sont toujours ensemble. Traînent, voyagent, se battent, dansent, chantent, si possible du R’n’B, baisent (parfois), se jettent et se retrouvent. Cette bande de jeunes vit en vendant des abonnements à des magazines aux habitants du Midwest profond. Ils sont organisés et leur liberté est relative, puisqu’ils dépendent d’une femme qui leur sert de patronne (la seule debout sur cette image). Tout commence avec l’arrivée d’une nouvelle recrue dans la bande. Elle se prénomme Star (image ci-contre) americanstar.jpget a eu une sorte de coup de foudre pour Jake (Shia LaBeouf, en quatrième sur l’image du haut). Durant près de trois heures, la cinéaste britannique Andrea Arnold suit leurs virées, leurs aventures, leurs escapades souvent agitées et borderline. American Honey est un film naturaliste, au style proche du documentaire, aussi mouvementé que fascinant, mais par instants répétitif. Qu’est-ce qui justifie une telle durée (2 heures 42) ? Pas grand-chose, au fond. Reste de grands moments de cinéma, une manière d’empoigner le réel , de le briser pour mieux le recomposer, et tout cela s’appelle une écriture. Pour sa troisième participation à la compétition cannoise (après Red Road en 2006 et Fish Tank en 2009), Andrea Arnold surprend toujours et on lui en sait gré.

malpierres.jpgA voir cette image de Marion Cotillard en robe de mariée, on devine que Mal de pierres de Nicole Garcia sera plus amidonné et classique que le film d’Andrea Arnold. Désireuse de s’affranchir des conventions étriquées de cette petite bourgeoisie agricole dont elle est issue, Gabrielle (Cotillard) épouse un homme qu’elle n’aime pas et vit une passion pour un beau lieutenant dans un sanatorium où elle se fait soigner ses calculs rénaux. Tiré d’un roman de Milena Agus se déroulant après la Seconde Guerre Mondiale, Mal de pierres est finalement à l’image de ce qu’on peut voir ci-dessus. Soigné et conventionnel, ni déplaisant ni génial. De la belle ouvrage, une démarche respectable, mais des intentions un peu étriquées pour prétendre à la cour des grands de la compétition cannoise.

17:20 Publié dans Cinéma, Festival de Cannes 2016 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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