18/05/2016

Cannes, Jour 7: "Personal Shopper", une abstraction qui se mue en vertige

personal.jpgKristen Stewart chez Assayas. L’équation paraissait déjà improbable il y a deux ans avec Sils Maria. Elle apparaît pourtant comme une évidence aujourd’hui dans Personal Shopper. La comédienne révélée par Twilight est pour ainsi dire de chaque plan, supportant un récit retors où il est question de spiritisme, de grand luxe, de Victor Hugo, de crime guidé par textos et de mystères. Le film ne dévoile jamais tout et c’est tant mieux. Une mise en scène tenue et cadrée comme un suspense hitchcockien, une abstraction qui se mue en vertige pour une œuvre sifflée à Cannes, sans doute trop ambitieuse pour des esprits façonnés par le mainstream. L’un des meilleurs films d’Assayas. Je suis malheureusement l'un des seuls à le penser, visiblement.

julieta.jpgA contrario, Julieta est l’un des Almodovar les moins intéressants. Même si la plupart des thèmes obsédant l’auteur madrilène (ci-dessus avec deux de ses actrices) sont présents. Le rapport à la mère, les grandes figures de femmes, des intrications ambiguës entre passé et présent, des secrets mal digérés qui ressurgissent. Le tout parfaitement filmé, regroupant quelques comédiennes qui ne se contentent pas de réciter, et mis en images avec ces couleurs chatoyantes qui font plaisir à l’œil. Plus problématique, le film s’oublie rapidement et manque d’ambition comme de singularité. Formellement soigné mais trop passe-partout.

aquarius.jpegVoici enfin Sonia Braga, star brésilienne et héroïne d’Aquarius, film brésilien signé Kleber Mendonça Filho, probablement le cinéaste le moins connu de la compétition cannoise 2016. C’est l’histoire d’une sexagénaire, ancienne critique musicale, prise dans une guerre de voisinage et se lançant dans une croisade, seule ou presque, contre des promoteurs immobiliers sans scrupule. C’est le récit d’un combat qui sait tenir chaque instant en haleine, malgré les défauts d’un personnage souvent trop égoïste dans ses traits. C’est encore un film dont on parle aussi pour le palmarès final. De toute façon, à ce rythme, et si tous les longs-métrages cannois continuent à afficher une telle santé, il n’y aura jamais assez de place pour tout le monde.

00:18 Publié dans Cinéma, Festival de Cannes 2016 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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