29/05/2016

La découverte sur Tchouri de briques essentielles à la vie relance le débat sur l'origine de cette dernière

comete.jpgIl y a 3,6 milliards d’années, au plus tard et approximativement, la vie apparaissait sur terre. Soit les premiers organismes unicellulaires, et, au bout d’une longue chaîne temporelle constellée de questions sans réponse, l’homme en guise d’ultime chaînon à ce jour. Mais au-delà de cette datation, la question de l’origine de la vie reste cruciale et elle aussi sans réponse. Les partisans de l’exogenèse (ce qui n’est pas mon cas) se tournent alors vers le ciel pour chercher des hypothèses susceptibles de répondre à l’épineuse question. La découverte ces jours derniers de briques essentielles à la vie sur la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko, dite Tchouri, par la sonde Rosetta, relance le débat. On y a donc trouvé du phosphore, du formaldéhyde (qui joue un rôle dans la formation de l’ARN, acide ribonucléique), et confirmé la présence de glycine, auparavant déjà détecté sur une autre comète. C’est tout, ou presque. Et ce n’est évidemment pas rien, puisque c’est la première fois qu’on trouve ces trois éléments réunis ensemble ailleurs que sur Terre. Mais quel serait le scénario ? Le bombardement des comètes et des astéroïdes sur la Terre durant des millénaires suffirait-il à expliquer l’apparition de germes de vie, et surtout d’acides aminés, chauffés par les radiations solaires dans ce long intervalle de millions d’années ? Possible. Mais le puzzle est loin d’être complet.

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28/05/2016

Trous noirs hypermassifs: une hypothèse inattendue

graine.jpgAu coeur des préoccupations des astrophysiciens, les trous noirs restent des objets mystérieux à plus d’un titre. Récemment, je consacrais un billet à une hypothèse de Stephen Hawking concernant leur rôle dans la structure de l’univers et leur éventuelle fonction de porte de sortie vers d’autres univers. Ces derniers jours, une équipe de chercheurs italiens dirigée par Fabio Pacucci (de l'Université de Pise) s’est interrogée sur la formation et l’existence de trous noirs supermassifs. Il y en aurait à l’intérieur de chaque grande galaxie. Dans la nôtre, la Voie lactée, il y a ainsi Sagittarius A*. Mais il est moins boulimique que d’autres et n’affiche qu’une masse de quelques millions de fois celle du soleil. Dans d’autres galaxies, on peut en observer des hypermassifs qui valent plusieurs milliards de masses solaires, le plus grand recensé à ce jour avoisinant les 21 milliards de soleils. Ces trous noirs grossissent en engloutissant tout ce qui passe à leur voisinage, matière comme lumière, ou en fusionnant avec d’autres trous noirs, et il en va ainsi depuis la naissance de l’univers.

Leur croissance rapide est en revanche intrigante. D’autant plus que leur taille remonte pour ainsi dire à la naissance de l’univers, soit il y a 13 milliards d’années, y compris lorsqu’on en détecte dans de jeunes structures galactiques. D’où l’hypothèse, formulée après de longues observations avec plusieurs télescopes, qu’ils naissent en fait déjà gros (autour des 100 000 masses solaires) et se formeraient suite à l’effondrement d’énormes nuages de gaz sur eux-mêmes (vue d’artiste ci-dessus), avant de connaître une croissance normale. Jusque là, on pensait qu’ils résultaient de l’effondrement gravitationnel du cœur d’une étoile massive avant de grossir très vite en engloutissant tout ce qui passe à leur portée. Pour étayer cette nouvelle hypothèse, reste à observer encore deux candidats à ce scénario, Spitzer et Chandra, qui s’apparentent à des graines de trous noirs en formation, mais surtout à en détecter d’autres. Pour l’instant, les empreintes de ces deux-là dans les rayonnements infrarouges ne contredisent en tout cas pas cet étonnant scénario.

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27/05/2016

Le mystère des crop circles: 1) L'apparition du nombre Pi

crop3.jpgCette nouvelle série de billets se propose de revenir, toutefois sans tenter de l’expliquer, sur un phénomène qui a mauvaise presse et dont les médias ne parlent peu ou prou jamais, à savoir les crop circles. Vaste supercherie et œuvre de quelques farceurs surdoués (c’est peu crédible, même si certains artistes en ont ensuite créé eux-mêmes) pour les uns, émanation de civilisations extra-terrestres lointaines (non prouvable vu l’état de nos connaissances actuelles) pour d’autres, ce qui bien sûr infirmerait le paradoxe de Fermi, ces agroglyphes surgissent sans crier gare, généralement de nuit, dans des champs de céréales et se forment par la flétrissure des épis. Ils dévoilent des motifs et compositions géométriques complexes visibles depuis le ciel. Certains couvrent plusieurs hectares.

Pour ce premier billet, voici un crop circle découvert à Barbary Castle, dans le Wilshire, le 1er juin 2008. Il mesure 45 mètres et il s’agit d’un des crop circles les plus complexes jamais observés. C’est l’astrophysicien Mike Reed qui a découvert, après des mois de recherches, comment l’interpréter. Se basant sur une photographie, il a codé l’image en un graphe que voici :

cropcirclecolors.jpg

Observons chacun des segments proportionnellement identiques, décalés à des endroits stratégiques, ici représentés par des couleurs différentes. Les plus petits, rouges, près du centre, sont au nombre de 3. Un segment unique apparaît ensuite, en vert. Il contient un point. Suivent 4 segments violets, 1 orange, 5 bleus clairs, 9 jaunes, 2 violets, 6 rouges, 5 verts et 4 bleus. Enfin, trois cercles noirs terminent le circuit, suggérant l’idée d’infinité. Que signifient ces chiffres ? La réponse saute aux yeux lorsqu’on les écrit bout à bout et dans l’ordre.

3.141592654…

On reconnaît en effet là le nombre Pi, le plus célèbre d’entre tous les nombres, et ses dix premières décimales. L’infinitude de la période représentée par les trois cercles noirs concluant le cercle fait clairement partie du dessin. Tout cela est d’autant plus surprenant que cette représentation de Pi ne correspond à aucun usage mathématique du nombre, toutes civilisations et époques confondues. Qu’en déduire ? Que le crop circle a été conçu par un génie des maths dont l’identité demeurera à jamais inconnue ? Ou qu’il serait l’œuvre de quelque civilisation lointaine qui cherche à communiquer avec l’homme ? La question reste douloureusement ouverte.

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