26/06/2016

Euro 2016 : les Bleus iront-ils au bout?

griezmann.jpgLe scénario débutait de manière idéale. Abrutis par un penalty sifflé dès la première minute et transformé par les Irlandais, les Bleus se retrouvaient dans le rouge pratiquement au coup d’envoi de leur huitième de finale. Et doutaient, doutaient, doutaient. Pressaient, poussaient, attaquaient. Sans réussite. Le terrain reflète alors cette impuissance. Tel la statue du Commandeur, Olivier Giroud attend son offrande dans la surface. Las, il devra se contenter d’une passe décisive de la tête un peu plus tard. Dimitri Payet tente de réitérer son exploit du match d’ouverture. Rien n’y fait. La délivrance viendra juste après le retour des vestiaires. En trois minutes, Antoine Griezmann (photo), objectivement le meilleur des Bleus, réussit le doublé qui délivre son équipe, que dis-je, son pays, et plie un match que les Irlandais termineront à dix. Promu héros des Français et homme du match, Griezmann, qui n’avait que sept ans en 1998 (suivez ma pensée), qui a fait presque toutes ses armes dans le championnat espagnol, qui tient mordicus à ce qu’on prononce le e de son patronyme (dites Gri-e-zmann et non Griz-mann), affiche un profil modeste qui tranche avec celui d’autres Bleus.

Rentré en cours de partie, Gignac se prend pour Cantona et tente de tirer la couverture à lui, puis fait la leçon à… Griezmann. Evidemment, il ne marque rien. Quant à Coman, lui aussi rentré en cours de jeu, puis remplacé avant la fin de la rencontre, il va falloir lui dire qu’un match se joue et se gagne à onze. Toutes ces individualités offrent l’image d’une équipe peu sympathique, car peu collective et sans doute gangrenée par des ego surdimensionnés. Griezmann, là encore, infléchit la tendance. Il n’a rien d’un bad boy, ceux-ci ont fait leur temps, il ne traîne pas de casseroles, et son physique de gendre idéal en fait le candidat idoine pour devenir ce héros tranquille que la France souhaite porter aux nues sans arrière-pensée. Il lui reste à confirmer. En clair, à continuer sur sa brillante lancée, en étant conscient qu’un exploit individuel peut parfois suffire mais pas toujours. Stricto sensu, à ne pas faire preuve de suffisance. Aujourd’hui, la France demeure favorite et risque bien d’aller au bout de son Euro. Elle n’était pas géniale contre l’Irlande ? Certes non. Mais l’était-elle contre le Paraguay en 1998 ? Non plus. Et on connaît la suite.

Les deux autres huitièmes de finale de ce dimanche ont comporté leur lot de buts. L’Allemagne a dominé sans grand effort la Slovaquie 3 à 0, confirmant elle aussi son statut de favorite, et cela malgré un penalty raté par Özil, ce qui est anecdotique. Quant à la Belgique, elle a terrassé 4 à 0 des Hongrois pourtant combattifs et souvent dangereux. Coaching gagnant : Wilmots a fait rentrer Batshuayi et Carrasco, les deux derniers buteurs du match. Ces Belges, depuis le début de l’Euro, ne cessent d’épater. En toute logique, ils devraient venir à bout du Pays de Galles en quart de finale. Sauf qu’il faut se méfier des évidences, comme du réalisme, grand ennemi du foot.

23:15 Publié dans Euro 2016, Football | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

Commentaires

On a parlé du rôle de Didier Deschamps durant la mi-temps. Il aurait permis cette belle reprise de l’équipe de France qui l’a menée à la victoire grâce aux deux buts de Griezmann.

Merci de vos billets, Pascal, tout aussi fins que ceux que vous consacrez au cinéma.

Écrit par : Hélène Richard-Favre | 27/06/2016

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