11/07/2016

Euro 2016, finale - Portugal-France (1-0) : Bleu comme l'enfer!

Ronaldo-mes.jpgLe foot est-il un sport juste ? Durant 109 minutes, les Bleus ont été ramenés à leur condition première, celle d’une équipe vulnérable. Battable. Une équipe comme les autres, sans surhommes ni superpouvoirs. Pas championne de facto. Ont-ils supposé que parce qu’ils jouaient à domicile, soutenus par un public tenant à plein son rôle de douzième homme, les choses iraient de soi ? Ont-ils pensé que la sortie sur blessure et en larmes, après 23 minutes, de la star du Portugal, Ronaldo (photo), allait leur donner de la confiance, voire leur faciliter les choses et leur permettre d’accéder à la victoire sans trop de souci ? Ont-ils fait péché d’orgueil en se prenant déjà pour les rois du monde ? Le premier quart d’heure du match leur a été favorable. Puis la sortie de Ronaldo a créé une sorte d’impulsion chez des Portugais tout à coup plus serrés en défense, plus dangereux dans leurs rares occasions – et pourtant, on a tellement peu vu Lloris. Du côté des Bleus, il y avait du mou dans la gâchette. Les stars, sans réussite, n’y étaient pas. Sissoko a fait un match remarquable, Gignac a raté une occasion de deux centimètres, la paire Griezmann-Giroud s’est avérée impuissante, Pogba et Matuidi peinaient à faire monter leurs coéquipiers. Additionnez, distillez tout cela. Petit à petit, le piège s’est refermé. Faisant les affaires d’un Portugal pourtant si peu séduisant sur l’ensemble de cet Euro. Un Portugal sans sa star, mais avec Eder, rentré en cours de deuxième période, et crucifiant Lloris à la 109e pour le seul but de cette finale mollassonne. Et surtout avec Rui Patricio, gardien vigilant sans lequel la France aurait mené au score plus d’une fois. Un Portugal au parcours in fine peu convaincant, ne faisant pas toujours le jeu, accédant à cette place sans réellement la mériter (peu importe que certains ne soient pas d’accord, puisque, je sais, seul le résultat compte), brandissant, - telle la Grèce en 2004, face justement au Portugal - ce trophée pour la première fois de son histoire. Lisbonne explose, et sur les Champs-Elysées, c’est la soupe à la grimace. Mathématiquement, chaque équipe de cet Euro à 24 avait une chance sur 24 de gagner la compétition. Mais football et mathématiques ne font pas forcément bon ménage, même si les liens qu’entretiennent ces deux disciplines sont plus étroits qu’on ne le pense (un billet futur y reviendra). Sauf que la science du ballon rond n’est pas exacte. Et donc non, le foot n’est pas un sport juste. Et c’est aussi pour cela qu’on l’aime. Ou qu’on le déteste.

00:12 Publié dans Euro 2016, Football | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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