07/08/2016

Locarno 2016 : un mariage et la vision d'un Orient déchaîné

brooks.jpgHabits d'apparat pour les femmes, vêtements plus standards pour les hommes. Autour d'eux, un fatras de chaises, d'ustensiles, de drapeaux et de lumières. Aucune couleur ne domine, toutes les teintes sont présentes. La scène est tirée d'un mariage, et la cérémonie occupe une grande partie de Brooks, Meadows and Lovely Faces (Al Ma' wal Khodra wal Wajh), dernier opus de l'Egyptien Yousry Nasrallah, l'un des vétérans de la compétition locarnaise. On s'aime, on s'engueule, on s'espionne, on se toise, on se provoque. Les strates de la société se ramifient dans l'observation de personnages hauts en couleurs et parfois chargés. La réalité se dérobe et ploie sous un décor trop fantaisiste pour être tout à fait vrai, ce que la séquence finale confirmera. Nasrallah dirige le groupe d'un seul tenant, comme un monstre organique unique dont chaque tentacule revêt un autre visage. Il y a des Mille et une nuits, ceux des contes, dans cette vision d'un Orient déchaîné par les tentations et couvé par les pulsions. Il y a un humour corrosif dans cette métaphore hybride et chamarrée. Quelques hauts le coeur également. Mais pour le spectateur, le spectacle, comme le plaisir qu'il y prend, est total.

18:42 Publié dans Cinéma, Festival de Locarno 2016 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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