14/08/2016

Locarno 2016 : la jolie note finale

endstation-liebe.jpgEndstation Liebe. Dernier film vu à Locarno. Le hasard se fait symbole. De la rétrospective 2016 et son titre impossible – «Aimé et refusé : le cinéma de la jeune République fédérale d’Allemagne» -, j’aurais bien sûr aimé voir plus de choses. Faute de temps, j’ai dû me contenter, lorsque les hasards de la programmation m’en laissaient le loisir, d’une dizaine de titres auxquels se rajoutent des œuvres déjà vues auparavant (tel Der Verlorene de Peter Lorre ou le diptyque indien de Fritz Lang). Sur une soixantaine de titres, cela reste peu. Endstation Liebe, donc. Romance taillée sur mesure pour la star de l’époque, Horst Buchholz, celui que l’on surnomma le James Dean allemand. Comparaison que le film lui-même entretient, la silhouette de l’acteur rappelant à dessein, dans de nombreux plans pieusement cadrés, celle de Dean sur les célèbres clichés de Life signés par Dennis Stock. Jouant sur les stéréotypes de son époque, Georg Tressler, réalisateur du film, met en scène une jeunesse ouvrière avide d’émotion et de rires. D’un pari stupide – séduire une fille en un week end -, le métrage reprend à son compte les motifs du coup de foudre classique. L’économie du récit ne laisse place à aucune distance, et le côté mainstream de l’œuvre, gros succès commercial en 1958, n’autorise pas vraiment de lecture critique. Mais tout cela fonctionne admirablement dans un premier degré qui n’a rien de subliminal, tout en créant quelque part l’impression d’un monde idéal, même si fortement ancré dans la réalité de son époque. Dernier film vu à Locarno, jolie note de fin pour ma part. Je ne ferai pas ici de bilan de cette 69e édition de Locarno, je l’ai fait ailleurs, et rappellerai seulement que le Léopard d’or a été décerné à Godless, premier film de la cinéaste bulgare Ralitza Petrova.

22:46 Publié dans Cinéma, Festival de Locarno 2016 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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