04/09/2016

Mostra de Venise 2016 : Mel Gibson, en arrière, toute!

hacksawridge.jpgQue vaudrait Hacksaw Ridge sans Andrew Garfield? Moins que pas grand-chose, c'est une certitude. Gonflé au patriotisme béat, le nouveau film de Mel Gibson, oeuvre de guerre et d'héroïsme, use des ralentis et des musiques gonflantes comme d'autres de substances illicites. Sauf qu'à l'arrivée, les effets diffèrent. On voit clairement ce qui a pu intéresser l'auteur du déjà pénible Braveheart dans ce sujet mille fois traité en mieux avant lui (revoir Men in War d'Anthony Mann, 1957, pour remettre les pendules à l'heure), soit un retour vers des valeurs qui fondent cette Amérique plus conservatrice que libérale dont le cinéma offre souvent une vision morcelée, pour ne pas dire tronquée. Le schématisme domine derrière la technique mais se masque derrière de longues séquences de combat/boucherie. Garfield fait son travail avec métier, et le microcosme de soldats qu'il intègre fonctionne dans une sorte de vase clos peu enviable. En dehors, famille et épouse sont réduits à des figures fugitives, presque des clichés. Insupportablement prévisible. Et heureusement pas en compétition à la Mostra.


ciudadano.jpgA contrario, El Ciudadano ilustre, production argentine cosignée par Mariano Cohn et Gaston Duprat, a quelque peu déridé des festivaliers prompts à rire même lorsque rien n'est drôle. Pourtant, l'image ci-dessus situe vaguement la farce. Il y a quelque chose de Risi dans ce film dressant le portrait d'un écrivain, lauréat imaginaire du Nobel, en plusieurs parties. En moins corrosif, en moins iconoclaste. Encore que quelques séquences valent le détour et permettent de passer sous silence des moments plus plombés, tel ce discours inaugural du début qui n'aide guère à rentrer dans le film. Suffisamment irrévérencieux pour être apprécié ici.

23:10 Publié dans Cinéma, Mostra de Venise 2016 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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