20/10/2016

"Théo et Hugo...": le sexe, le réel et la nuit

theo-et-hugo.jpgParis la nuit, deux garçons qui s’aiment. Clin d’œil à Rivette, par son titre, qui fait forcément penser à Céline et Julie vont en bateau, et pour cette manière de filmer la capitale nocturne telle un vaste champ d’investigations (revoyez Le Pont du Nord), Théo et Hugo dans un même bateau, par son unité de temps et dans une certaine mesure d’espace, ne contourne pas l’exercice de style. L’affaire se déroule en temps réel, de l’espace clos et oppressant d’une back room, siège d’une bestialité d’ordre animal qui peut choquer, ne serait-ce que par la durée (plus de vingt minutes) d’une séquence qui n’est pas sans rappeler celle d’ouverture d’Irréversible de Gaspar Noé, à la sécheresse aseptisée de salles d’accueil aux urgences qui vont sceller le destin des deux héros. Le film parle d’amour et de sida, l’écriture mélange un naturalisme constant à un surréalisme discret (exemple le premier échange de regards entre les deux garçons), et le monde ne s’y dévoile qu’à travers ce que vivent les deux comédiens durant un peu plus de nonante minutes. Plus radical que d’autres films du binôme Olivier Ducastel/Jacques Martineau, plus cru bien sûr (les scènes de sexe ne sont pas suggérées), Théo et Hugo dans le même bateau revendique pourtant un romantisme qui, telles les premières lueurs de l’aube, surgit de loin en loin à mesure que la nuit s’achève.

Théo et Hugo dans le même bateau passe en ce moment au festival Everybody’s Perfect.

19:49 Publié dans Cinéma, Festival de Berlin 2016 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

19/10/2016

L'arrivée de Schiaparelli sur Mars est imminente mais on attend les images

schiaparelli.jpgLa sonde Schiaparelli (à savoir la capsule ci-dessus) devait se poser aujourd'hui sur Mars à 16 heures 48. Se poser ou s'écraser, puisqu'on attend toujours, au moment de la publication de ce billet, de savoir si l'atterisseur expérimental du programme ExoMars est bien arrivé à bon port. Contrairement au rover Curiosity de la NASA, Schiaparelli n'enverra pas d'images. En revanche, on aura des images de son "atterissage", en décalé, en raison de la distance qui sépare la terre de la planète rouge. Mais c'est pour le moment une affaire de minutes. Retour sur la mission dans un tout prochain billet. Plusieurs sites retransmettent l'événement en direct, dont celui-ci.

PS: Aux dernières nouvelles, le signal a été coupé, ce qui n'est pas très bon signe.

17:21 Publié dans Astrophysique, Sciences | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

17/10/2016

L'univers observable comporte dix fois plus de galaxies qu'on ne le supposait

Observable_universe.jpgAinsi donc il y aurait, dans l’univers observable, non pas entre 100 et 200 milliards de galaxies, mais 2000 milliards, et sans doute un peu plus. Communiqués et publiés il y a quelques jours par une équipe d’astronomes, ces résultats révèlent une marge d’erreur par rapport aux estimations qui faisaient foi jusqu’alors. Marge conséquente, il y a dix fois plus de galaxies que prévues dans l’univers observable. Grâce à Hubble, le télescope spatial, on peut recevoir aujourd’hui des émanations d’énergie (ondes radio, gravitationnelles ou gamma) venues directement du passé de l’univers. Plus celles-ci ont voyagé longtemps - à la vitesse de la lumière, s’entend -, et plus la longueur d’onde qui leur est associée se trouve dilatée par l’expansion de l’univers. En d’autres termes, la lumière des galaxies les plus lointaines est désormais dans l’infrarouge, voire au-delà, dans l’ultraviolet, autant de champs que Hubble peut capter.

Mais ces chiffres ne signifient pas que l’univers, dont la taille demeure inconnue, se compose hic et nunc de 2000 milliards de galaxies. On parle ici d’univers observable, représenté ci-dessus à l’échelle logarithmique (précision utile, il ne s’agit donc pas d’une carte). Autrement dit de galaxies dont les émanations ont eu le temps de nous parvenir depuis un peu plus de 10 milliards d’années. Peut-être plus nombreuses à cette époque, soit «juste» après la formation de l’univers (il y a 13,8 milliards d’années environ), certaines de ces galaxies ont évolué en fusionnant. Par analogie, lorsque vous observez un ciel nocturne bien dégagé, les étoiles que vous voyez n’existent pas forcément. Certaines d’entre elles sont mortes et seule leur lumière vous parvient. En astrophysique, observer un objet ne signifie pas qu’il existe encore mais seulement qu’il a existé dans un intervalle de temps T du passé. Et déterminer le nombre de galaxies qui ont existé permet d’en savoir plus sur l’histoire de l’univers.

22:06 Publié dans Astrophysique, Sciences | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |