10/02/2017

Berlin 2017 - Richard Gere a vieilli, mais "Trainspotting" encore plus

dinner.pngDans les années 80, on construisait des films sur Richard Gere. Plus aujourd'hui. Le comédien offre pourtant une certaine présence, pour ne pas dire une prestance certaine, dans The Dinner, drame familial entre deux frères et leurs compagnes se déroulant presque entièrement dans un restaurant de luxe et tiré d'un roman. Mis en scène par Oren Moverman, précédemment remarqué à la Berlinale en 2009 avec The Messenger, le film possède le fâcheux défaut d'aligner trois fois trop de flash-backs venant freiner une action déjà passablement statique. Le face à face entre Paul Coogan et Richard Gere est ici ce qu'il y a de plus réussi, avec avantage au premier, casté dans un rôle censé déplaire. Le film lorgne du côté de Carnage de Polanski, en moins bien, on l'aura compris.


enyedi.jpgCes deux personnages qui se font eux aussi face, mais dans un tout autre contexte, sont les deux héros de Teströl és lélekröl, autrement dit On Body and Soul, de la réalisatrice hongroise Ildiko Enyedi, dont le seul titre de gloire reste celui d'avoir raflé la Caméra d'or en 1989 à Cannes pour Mon XXe siècle. Son nouveau métrage est le prototype même du film de festival. Une histoire d'amour se forme dans le contexte d'un abattoir et se traîne sans qu'on s'intéresse trop à ce qui se passe ni à ce que vont devenir les protagonistes. Il y a de la noirceur, de la blancheur, comme celle, immaculée, des salles où l'on dépèce les bêtes, un arrière-fond suicidaire, de la musique au kilomètre, tous genres confondus, des plans de coupe sur des cervidés dans une forêt et une émotion qui devra battre en brèche la soumission pour éclater enfin.


t2-trainspotting-teaser.jpgMais j'ai gardé le pire pour la fin avec la suite de Trainspotting, T2 Trainspotting, à nouveau signée Danny Boyle, plus de vingt ans après un succès générationnel qui assumait alors les influences du clip en prétendant réinventer un langage cinématographique dont il ignorait sciemment les règles. Qu'on se rassure, rien n'a changé. Mais tout a vieilli. D'abord les héros, incarnés par les mêmes acteurs, qui ressortent de tôle et reprennent leur vie près de vingt ans après leurs défonces sous héroïne. Et ensuite le style, qui se fonde sur une sorte de fausse idée de l'efficacité à l'intérieur de laquelle l'arrêt sur image fixe est censé dynamiser des plans ou séquences qui deviennent les caricatures de ce qu'ils veulent imiter. Forcément lassant, le principe, qui tient lieu ici de réalisation, tourne à vide là où l'excès, voire le trop plein, devrait le dynamiter jusqu'à implosion. Chose impensable tant que Danny Boyle est aux commandes. Pénible!

23:34 Publié dans Cinéma, Festival de Berlin 2017 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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